Sciences Humaines et Sociales

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75 % des Arabes d'Israël sont favorable à un service civique volontaire, selon une étude de l'Université de Tel-Aviv

Une nouvelle enquête d'opinion du Centre Moshe Dayan pour l'étude du Moyen-Orient de l'Université de Tel-Aviv parmi les citoyens arabes d'Israël révèle que trois sur quatre d'entre eux (75,8 %) sont favorables à un service civique volontaire non militaire pour les jeunes Arabes, garçons et filles, en fin d'études secondaires. L'étude, menée par le Dr. Arik Rudnitzky, directeur du Programme pour la coopération judéo-arabe Konrad Adenauer du Centre Moshe Dayan, a été présentée pour la première fois lors de la Conférence de Tel-Aviv : L'Avenir d'Israël, qui s'est tenue ce mois-ci sur le campus. Selon les chercheurs, ses conclusions sont essentielles, car elles montrent une nouvelle tendance parmi les citoyens arabes du pays, souhaitant s'intégrer à la société israélienne, à la fois sur les plans politique et social.

arik rudnitzky Conf tel aviv

46,9 % des répondants ont même exprimé un appui fort en faveur de l'idée d'un service civique pour les jeunes Arabes, alors que 23,2 % seulement s'y sont opposés. Bien que ce soutien augmente avec l'âge, une forte majorité (69,1 %) des jeunes de 18 à 34 ans est également favorable à cette idée. Aucune différence significative n'a été observée entre les sexes : 75,3 % des hommes et 77,2 % des femmes se sont déclarés favorables à un service civique.

Parmi les autres résultats notables :

Sur le plan politique, si les quatre partis arabes existants (Hadash, Ta’al, Ra’am et Balad ) se présentaient de nouveau aux élections à la Knesset sous la forme d'une Liste unifiée (comme aux législatives de 2019), celle-ci pourrait remporter jusqu’à 16,3 sièges sur 120.

Une large majorité des répondants (77,2 %) estime qu’un parti arabe devrait participer au gouvernement après les prochaines élections, 43,3 % étant favorables à une participation à n’importe quel gouvernement, et 33,9 % seulement à un gouvernement de centre-gauche. Ces chiffres restent similaires à ceux des sondages précédents menés ces deux dernières années par le Programme Konrad Adenauer.

Arabes israeliens sondage

Une majorité des Arabes israéliens (59,4 %) estiment que les relations actuelles entre Arabes et Juifs en Israël sont mauvaises. Cependant, la plupart des participants à l'enquête (63,7 %) se sont déclarés favorables à un partenariat politique arabo-juif, même si seulement 39,7 % pensent que les Juifs seraient également en faveur d'une telle coopération politique.

53,3 % ont fait état d'un fort sentiment d'appartenance à l'État d'Israël

33,3 % des Arabes israéliens mentionnent l'identité arabe comme l'élément le plus important de leur identité personnelle, 27,7 % citent la citoyenneté israélienne, 24,5 % l'appartenance religieuse et seulement 13,5 % l'identité palestinienne.

La moitié des répondants (53,3 %) ont fait état d'un fort sentiment d'appartenance à l'État d'Israël, alors que 44,5 % ont indiqué leur faible sentiment d'appartenance. Ces différences sont liées à des variables à la fois politiques et sociodémographiques (religion, âge, niveau d'éducation), un nombre considérablement plus élevé de citoyens druzes ayant déclaré un fort sentiment d'appartenance à l'Etat d'Israël (81,7 %), contre 53,3 % des Arabes chrétiens et 50,5 % des musulmans. Aucune différence majeure n'a été constatée entre les groupes d'âge, bien que le sentiment d'appartenance soit légèrement plus élevé parmi les groupes plus âgés.

Par ailleurs, une large majorité des participants à l'enquête (71,3 %) ont déclaré que la préoccupation la plus importante des Arabes israéliens d'aujourd'hui était le problème de la violence et de la criminalité dans leurs communautés. La question palestinienne n'a recueilli que 8 % des suffrages, suivie par les problèmes d'éducation, d'emploi et de pauvreté (7,4 %), ainsi que la réglementation de l'urbanisme et de la construction dans les quartiers arabes (6,1 %).

Construire leur vie comme la majorité des jeunes Israéliens

Dans le même ordre d'idée, de nombreux Arabes israéliens (76,9 % des participants à l'enquête) font état d'un fort sentiment d'insécurité personnelle, le principal facteur ayant une influence négative sur leur moral étant la fréquence élevée de la violence dans les communautés arabes (51,8 %). Viennent ensuite la crainte d'une nouvelle guerre dans la région (21,8 %), les difficultés économiques (8,6 %), seulement 7,4 % citant la situation des Palestiniens à Gaza. Il est remarquable que, malgré les problèmes économiques, la plupart des répondants (68,3 %) ont indiqué que, globalement, leur situation économique est bonne.

« Le contexte d’une guerre multi-fronts prolongée fait qu'une grande partie de la population israélienne n'est pas consciente de l’évolution des mentalités au sein de la population arabe. L’importance de nos conclusions est essentielle : les citoyens arabes d’Israël présentent les grandes étapes d'une reconstruction de la société israélienne par l’intégration et l’influence, non seulement au niveau politique, mais aussi social », affirme le Dr. Arik Rudnitzky. « Leur conviction, largement partagée, qu’un parti arabe devrait intégrer le gouvernement n’est pas nouvelle, mais il est intéressant de noter que la guerre n’a en rien diminué le soutien à cette idée, qui s’est même quelque peu renforcée. Parallèlement, est apparue une tendance en faveur de l’intégration des élèves arabes des lycées dans des programmes de service civique non militaire de l'État. Pour les jeunes Arabes israéliens, il s'agit non seulement d'une voie vers une meilleure intégration dans la société israélienne, mais aussi d'une opportunité de construire leur vie comme la majorité des jeunes Israéliens. L'enquête met également en lumière des problèmes aigus exigeant une réponse immédiate du gouvernement, en particulier en matière de violence et de criminalité, ainsi que l'amélioration des infrastructures de protection des populations arabes en temps de guerre. Faute d'une protection adéquate, les Arabes israéliens ressentent une anxiété croissante face à une possible reprise du conflit. Les conclusions de l'enquête sont particulièrement importantes cette année, alors que les citoyens israéliens, juifs et arabes, attendent les prochaines élections et se livrent à une introspection politique ».

 

FONDS D'URGENCE
de l'Université de Tel-Aviv
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