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Zoologie

Comment émergent les leaders

Qui prend les rennes lors d'une catastrophe ou d'un accident? Une étude dirigée par le Prof. David Eilam et ses doctorantes Michal Kleiman et Sivan Bodek du Département de zoologie de l'Université de Tel-Aviv, examinant le comportement de petits rongeurs lors de l’approche de hiboux prédateurs, a permis d'identifier l'émergence de 'chefs de groupe' en situations chaotiques et des caractéristiques qui les distinguent de leurs "suiveurs". L’étude, dont les conclusions peuvent également s'adapter au comportement humain, a été publiée dans la revue Behavioral Processes.

can-stock-photo csp8055449« La grande controverse demeure: les comportements des groupes sont-ils auto-organisés ? Emergent-ils spontanément ou bien sous l'influence d'un chef? L'étude de ce phénomène chez les humains se heurte à des problèmes éthiques » commente le Prof. Eilam. « On doit généralement se limiter à des analyses à postériori de situations réelles. Par contre, l’étude du comportement collectif des animaux est un domaine de recherche florissant ».

Certains contribuent plus que les autres

Pour réaliser l'étude, les chercheurs de l'UTA ont placé plusieurs appelés campagnols dans une situation de danger mortel simulée: une «attaque» de chouettes prédateurs. Les hiboux n'avaient aucun moyen d'atteindre physiquement les rongeurs,  protégés par les barreaux de leur cage, mais leur présence menaçante a suffit à susciter le chaos, provoquant l'émergence de "leaders", ont constaté les chercheurs.

«Nos études réfutent l’idée selon laquelle les dirigeants apparaissent spontanément » déclare le Prof. Eilam. « Il y a tout simplement certains individus qui contribuent plus que les autres - mais qui sont-ils et quels sont les traits qui en font des leaders ? Les réponses à ces questions ne peuvent être que limitées».

Les mâles plus grands et plus expérimentés

eilamLes chercheurs ont constaté que, après une attaque de hiboux, les plus grands campagnols se calmaient plus rapidement alors que les petits affichaient une plus grande anxiété. Au bout d'un certain temps, les mâles plus âgés assument un rôle de leader et présentent un modèle exemplaire pour les mâles plus petits et les femelles. En raison de leur plus grande taille, de leur expérience et de leur force physique, les grands campagnols mâles affichent un comportement plus stable que leurs compagnons, se modifiant à peine après l'attaque de la chouette. Les mâles plus petits et les femelles affichent toute une gamme de comportements extrêmes de peur avant l'attaque, mais convergent vers la réaction médiane des grands mâles par la suite. Les chercheurs en ont conclu que les campagnols mâles plus grands étaient moins affectés par la menace et constituaient un exemple pour le groupe des plus petits.

Un rôle de protection et de stabilisation

«Moins influencés par les attaques des hiboux, les campagnols mâles plus grands et plus expérimentés ont déterminé le code comportemental, conduisant les autres à les imiter » explique le Prof. Eilam. «Ces« leaders » ont un double rôle, non seulement de protection mais aussi de stabilisation du comportement du groupe. Vous pouvez également voir de tels leaders émerger dans les sociétés humaines en période de détresse, par exemple, ou même dans les familles en deuil. Toutes les différences s'annulent et un code de comportement typique sous la menace émerge, avec certaines figures dominantes qui prennent la tête ".

Ces résultats comportementaux ont été étayés par une série de tests d'hormones de stress avant et après les attaques simulées des hiboux, révélant que les campagnols plus petits avaient des niveaux plus élevés de corticostérone, tandis que les niveaux restaient stables chez les campagnols plus grands. Le Prof. Eilam étend actuellement ses recherches à de plus grands groupes afin d'obtenir une meilleure représentation de la façon dont les essaims, les troupeaux, ou les foules organisent leur comportement. « Nous essayons également de découvrir quels sont les avantages que les « leaders » retirent de leur rôle de "prise de responsabilité" dans le groupe, et comment l'information est transmise d'un groupe à l'autre » dit-il.

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L’effet paquet de chips : les chauves- souris s’espionnent entre elles pour trouver leur nourriture

BatsLes chauves-souris « écoutent » les signaux sonores émis par leurs voisines pour trouver leur nourriture, et c’est la raison pour laquelle elles chassent en groupe. Telle est la conclusion d’une nouvelle étude menée le Dr. Yossi Yovel, son doctorant Noam Cvikel et leurs collègues du laboratoire de perception sensorielle et de cognition du Département de zoologie de l'Université de Tel-Aviv. L’étude va être publiée dans la revue Current Biology.

Un sonar naturel

Animal nocturne, la chauve-souris utilise l'écholocation (principe similaire à celui du sonar) pour s’orienter dans l'obscurité et trouver sa nourriture. Lorsqu’elle s’approche d’un insecte, elle émet des ultrasons dont l’écho lui permet de localiser sa proie. Mais il s’avère que ces signaux sonores ont une autre fonction: ils servent d’appel général signalant aux autres chauves-souris que ‘le repas est prêt’.

yossi-yovel 1C’est ce que le Dr. Yossi Yovel appelle ‘l’effet paquet de chips’. « Lorsque vous vous trouvez dans une salle de cinéma dans l'obscurité et que vous ouvrez un paquet de chips, tout le monde dans la salle sait que quelqu’un mange des chips et plus ou moins où se trouve le paquet. C’est la même chose pour les chauves-souris ».

Pour les besoins de l’étude, le Dr. Yovel a créé un minuscule GPS (le plus petit du monde) muni d’un enregistreur ultrasonique, et en a équipé des chauves-souris du type Grand rhinopome, espèce insectivore à longue queue, courante dans la région de la vallée du Jourdain.

Le docteur Yovel et ses collègues estiment que les chauves-souris présentent une occasion unique d’étudier un phénomène de chasse collective, dans la mesure où elles sont naturellement munies d’un sonar actif.  « Les enregistrements des ultrasons émis par les chauves-souris offrent une occasion unique de pénétrer l’univers de la perception sensorielle de ces mammifères ailés, même lorsqu’ils volent à une hauteur de 500 m. quelque part au-dessus du Lac de Tibériade » explique le Dr. Yovel. « En observant les enregistrements, nous pouvons en déduire quand la chauve-souris attaque une proie et quand elle communique avec ses semblables. Il s’agit d’une mission quasi-impossible à réaliser avec d’autres animaux».

1100 interactions enregistrées

Cependant, la récupération de l’information enregistrée n’a pas été chose simple. Les capteurs attachés au corps des chauves-souris par une colle chirurgicale sont tombés au bout d’une semaine et les chercheurs ont du partir à leur recherche à pied, pour n’en retrouver finalement que 40%. Néanmoins, les appareils récupérés ont enregistré plus de 1100 interactions entre les petits mammifères. L’analyse des données  montre que les chauves-souris se regroupent pour augmenter leurs chances de trouver une proie.

bat1 1Lorsqu’une l’une d’entre elles détecte de la nourriture, elle émet un son typique, et celles qui se trouvent à portée d’ouïe accourent. Elles ont appris que ce signal signifie la présence d’une nourriture à proximité. L’information est précieuse, car le système d’écholocation des chauves-souris n’est pas capable d’identifier un insecte à plus de vingt mètres, alors qu’elle peut entendre une de ses semblables le faire sur une distance de cent mètres. «Ces chauves-souris ne font essentiellement qu’intercepter les sons les unes des autres » dit le Dr. Yovel.  

L’espèce sur lesquelles l’étude a été réalisée se nourrit essentiellement de fourmis volantes, fourmis-reines qui ont tendance à se rassembler pour rechercher des mâles, mais qui peuvent voler sur de longues distances, forçant les petits prédateurs à couvrir de grands espaces pour trouver leur nourriture. Ainsi, en « s’écoutant » mutuellement, les chauves-souris augmentent leurs chances de « gagner le gros lot ».

En groupe, mais restreint

« Les chauves-souris volant en groupe améliorent leurs chances de trouver de la nourriture en fonctionnant comme un ‘système de capteurs’ »  résume le Dr. Yovel « Bien sur, cette stratégie a des limites : si le groupe de chasse est trop important, elles doivent sans cesse être à l’écoute les unes des autres et ne peuvent se concentrer sur l’attaque de leur proie. Imaginez que vous essayez d’attraper une mouche qui vole à proximité et que tout à coup quelqu’un lance un ballon vers vous : la mouche va s’échapper ».

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Le secret de la longévité des lézards: pas de viande et peu de sexe

Une étude réalisée par un groupe international de chercheurs sous la direction du  Prof. Shai Meiri du Département de Zoologie de l’Université de Tel-Aviv, révèle que les reptiles végétariens qui vivent dans des climats froids et se reproduisent plus rarement ont une espérance de vie de 40% plus longue que celles des leurs homologues carnivores.

Tuatara LezardL’étude a été publiée dans la revue Global Ecology and Biogeography.

 

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont collecté des données sur la taille, la température, l’alimentation, l’activité et le mode de reproduction de 1014 espèces de reptiles à écailles vivant sous différents climats. Les données comprenaient entre autre  la fréquence de reproduction, l’âge de la première fécondation, et la taille des couvées.

D’après leurs conclusions, une activité de reproduction fréquente et une maturité sexuelle précoce sont associés à une vie plus courte. Les reptiles vivant le plus longtemps ont généralement un "rythme de vie" plus lent, et sont caractérisés par une reproduction tardive, une ponte plus rare, des couvées peu nombreuses, une taille plus développée, une température corporelle plus froide, et un régime végétarien.

Tout faire lentement

D’après le Prof. Meiri, le tuatara (Sphenodon punctatus), reptile endémique de Nouvelle-Zélande, qui pèse jusqu'à 1 kg et peut vivre centenaire, en constitue un bon exemple. « Le tuatara se nourrit principalement de plantes et son secret de longévité est tout simplement de tout faire lentement » explique-t-il. L’environnement a un fort impact sur ce métabolisme : « Le tuatara n'a pas de prédateur, et il n’est pas en concurrence avec d’autres espèces. Il peut donc se permettre de se déplacer et de se reproduire lentement. Il a une couvée une fois tous les quatre ans. Le processus de reproduction consomme une grande énergie chez la femelle, qui a donc besoin de beaucoup de temps pour se remettre en forme. De plus ce reptile vit dans un endroit froid et sa température corporelle est de 18 degrés, ce qui signifie que son métabolisme est extrêmement lent ».

A l’opposé, le caméléon de Labord, espèce endémique de Madagascar, vit huit mois au plus, pèse 60 grammes et se nourrit principalement d'insectes et d’arthropodes. « En général, il pond beaucoup d’œufs, et plus il pond plus sa durée de vie est courte » explique le Prof. Meiri.

Un régime végétarien faible en calories

L’étude montre que le mode de nutrition a également une grande influence sur la longévité. D’après les chercheurs, un régime végétarien faible en calories conduit à une reproduction plus lente et une plus longue durée de vie. « De plus, la recherche de  nourriture végétarienne implique moins de risques que la chasse » relève le Prof. Meiri. « Nous avons trouvé que les herbivores ont une vie de 20 pour cent plus longue que les omnivores et de 40 pour cent plus longue que les carnivores ».

Le Prof. Meiri met cependant en garde contre la tentation d’extrapoler les conclusions de l'étude aux humains. « Nous avons affaire à des créatures totalement différentes et il n'y a pas de base de comparaison. Tout au plus des idées pour de futures recherches » dit-il.

Les autres chercheurs ayant participé à la recherche sont le Dr. Inon Scharf  et la doctorante Anat Feldman du Département de Zoologie de l’Université de tel-Aviv , ainsi que des chercheurs de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de la république de l’Equateur et de Malaysie.

Cet article a été publié sur http://coolisrael.fr/ sous le titre : « Le secret de la longévité : pas de viande et peu de sexe », le 30.10.14

 http://coolisrael.fr/21069/le-secret-de-la-longevite-pas-de-viande-et-peu-de-sexe-2

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