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Le vaccin Pfizer est moins efficace contre le variant sud-africain, d’après une étude de l’Université de Tel-Aviv

D’après une étude réalisée conjointement par le Prof. Adi Stern de l’Ecole de biomédecine de l'Université de Tel-Aviv et l’Institut de recherche de la Clalit, une des principales caisses de maladie en Israël, le variant sud-africain du Covid-19 parvient dans une certaine mesure à franchir les défenses procurées par les deux doses du vaccin Pfizer. La protection du vaccin contre ce variant est donc moins bonne que celle qu’il fournit contre le virus d’origine et contre son variant britannique. Les chercheurs relèvent cependant qu'à ce stade, la réduction exacte du taux d'efficacité du vaccin ne peut être évaluée avec precision, mais qu’il ne baisse pas de manière drastique, compte tenu de la faible propagation du variant sud-africain, qui reste très rare en Israël.

vaccination 580Les chercheurs ont examiné quelque 400 patients des services de santé Clalit testés positifs au Covid 14 jours ou plus après avoir reçu la première dose du vaccin, et 400 autres patients non vaccines, présentant des caractéristiques similaires d'âge, d’appartenance communautaire, de sexe, de lieu de résidence etc., testés positifs au virus à la même période. Tous les échantillons viraux ont subi un séquençage génétique qui a montré une prévalence de moins de 1% du variant sud-africain parmi l’ensemble des contaminés. Cependant, chez les individus infectés après avoir reçu les deux doses du vaccin, ce taux était 8 fois plus élevé que chez les personnes non vaccinées, parmi lesquelles le virus originel et le variant britannique étaient les plus fréquents. Cela signifie que les deux doses du vaccin Pfizer-Biontech, n'offrent probablement pas le même niveau de protection contre le variant sud-africain (B.1.351) que contre les autres variants du coronavirus. Les résultats indiquent donc que le variant sud-africain est capable, dans une certaine mesure, de franchir les défenses du vaccin Pfizer, mais compte tenu du fait que sa prévalence reste faible parmi la population globale, cette capacité est probablement limitée.

Seulement 1% de l'ensemble des cas de contamination en Israël

L'étude a également comparé la capacité du variant britannique (B.1.1.7) et de la souche d'origine du virus, à contourner les défenses du vaccin. D’après les données, il n’existe aucune aucune différence entre les taux de contamination par ces deux variants parmi les personnes non vaccinées et celles complètement vaccinées (c’est-à-dire au moins une semaine après la deuxième dose). Cependant, chez les 250 personnes contaminées partiellement vaccinées (de deux semaines après la première dose à une semaine après la deuxième dose), le taux du variant britannique était remarquablement plus élevé que chez les personnes non vaccinées, parmi lesquelles le virus d’origine était beaucoup plus fréquent.

Adi Stern 2021Il est important de signaler qu’après deux doses du vaccin le taux de prévalence du variant britannique, aujourd’hui responsable de la plupart des contaminations en Israël, a baissé de manière significative. Cela signifie qu’il parvient à franchir dans une certaine mesure les défenses du vaccin après la première injection, mais plus après la deuxième.

«Nous avons examiné la résistance au vaccin Pfizer des différents variants du virus trouvée en Israël : britannique et sud-africain », explique le Prof. Adi Stern. «Nous voulions savoir si, parmi les personnes vaccinées contaminées, le taux de contamination par ces variants était plus élevé, et malheureusement la réponse est oui: nous avons trouvé un taux beaucoup plus élevé du variant sud-africain parmi les personnes totalement vaccinées infectées. Cela signifie que le variant sud-africain est capable, dans une certaine mesure, de franchir la protection du vaccin ». Le Prof. Stern souligne cependant que la prévalence de ce variant reste rare au sein de la population vaccinée : « L’étude ne permet pas de connaitre avec précision le niveau de protection du vaccin contre le variant sud-africain, car sa prévalence en Israël reste extrêmement faible, environ 1% de l’ensemble des cas de contamination. Ce faible taux de prévalence est très encourageant, car il signifie que même si le variant sud-africain parvient à contourner la protection du vaccin, il n’arrive pas à se propager parmi la population, contrairement au variant britannique, qui représente actuellement la grande majorité des cas de Covid-19 en Israël ». Elle ajoute que l’une des explications possibles de ce phénomène est que la diffusion extensive du variant britannique bloque celle du variant sud-africain.

Contenir la propagation du virus

Selon le Prof. Shay Ben-Shachar Directeur de l’unité de médecine personnalisée chez de la Clalit Innovation: « Les résultats de cette étude montrent l'importance d'étendre le séquençage génétique des cas confirmés, afin de détecter toute future flambée du variant sud-africain ou d'autres nouveaux variants. Ils indiquent que nous ne pouvons pas encore considérer la pandémie terminée, et qu'il reste important de continuer de pratiquer la distanciation sociale et de porter des masques ».

«Il s’agit d’une étude très importante, la première au monde basée sur des données « réelles », montrant que le vaccin est un peu moins efficace contre le variant sud-africain, qu’à la fois contre le virus d'origine et le variant britannique », commente le Dr. Doron Netzer, responsable de l’unité de médecine communautaire de la Clalit. « Les résultats indiquent la nécessité d'un séquençage génétique et d'une surveillance constante des nouveaux variants, ainsi que de la poursuite de la mise en œuvre de mesures préventives ».

Le Prof. Ran Balicer, Directeur de l’Institut de recherche de la Clalit, ajoute: « La méthode de recherche que nous avons appliquée, notamment en séquençant en parallèle le virus de 400 « couples » de patients contaminés vaccinés et non vaccinés présentant les mêmes caractéristiques, nous a permis de contourner certaines sources de biais potentiels associés à de telles comparaisons. En gardant à l'esprit la taille de l'échantillon de l'étude, la fréquence du variant sud-africain parmi les personnes contaminées malgré le vaccin indique avec une forte probabilité que l'efficacité du vaccin est moindre en situation réelle pour le variant sud-africain B.351. Nos résultats sont compatibles avec des études publiées sur des tests sur les anticorps neutralisants, provenant de laboratoires en Israël et dans d'autres pays. Ces résultats préliminaires doivent retenir l’attention sur la diffusion de cette souche en Israël, et soulignent la nécessité d'une surveillance épidémiologique et d'un séquençage systématique pour contenir sa propagation ».

Les résultats de l'étude ont été publiés sur medRvix.com, et un examen par des pairs est en cours.

 

Photo (de droite) :

Le Prof. Adi Stern (Crédit: Université de Tel-Aviv)

 

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Cancer du cerveau: percée à l'Université de Tel-Aviv

Une équipe internationale de chercheurs sous la direction du Prof. Ronit Satchi-Fainaro, Directrice du Centre d’études sur la biologie du cancer de l'Université de Tel-Aviv, a identifié une défaillance du système immunitaire du cerveau aboutissant à la surexpression d’une protéine qui permet aux cellules cancéreuses de pénétrer les tissus cérébraux au lieu de les arrêter. Au cours de cette étude révolutionnaire, les chercheurs ont constaté que l’inhibition de cette protéine permettait de freiner considérablement le processus. Selon eux, cette découverte pourrait conduire à une percée significative dans la lutte contre le cancer mortel du cerveau de type glioblastome.

Ronit Satchi Fainaro Eilam YeiniLes résultats de l’étude, réalisé par le doctorant Eilam Yeini et à laquelle ont également participé des neurochirurgiens du Centre médical Sourasky de Tel-Aviv (Ichilov), de l'Université Johns Hopkins et de l’Institut Lieber aux États-Unis, ont été publiés dans la prestigieuse revue scientifique Nature Communications.

Le glioblastome est le type de cancer le plus courrant et le plus meurtrier du système nerveux central. Il s’agit d’un cancer agressif, invasif et à croissance rapide, résistant aux traitements existants, les patients décédant généralement moins d'un an après l'apparition de la tumeur. De plus, il est défini comme une «tumeur froide», c’est-à-dire qu'il ne réagit pas aux tentatives immunothérapeutiques d’activation du système immunitaire.

Une faille du système immunitaire

Dans le cadre de l'étude, les chercheurs ont tout d’abord voulu comprendre pourquoi les cellules du système immunitaire du cerveau (les microglies) n'inhibaient pas ce cancer. Ils ont donc comparé des tissus cérébraux sains avec des tissus de glioblastome. Pour ce faire, ils ont collaboré avec des neurochirurgiens du Centre médical Sourasky de Tel-Aviv (Ichilov) qui leur ont fourni des échantillons de tissus de glioblastome extraits au cours d’opérations chirurgicales, et avec des neurochirurgiens de l'Université Johns Hopkins et de l’Institut Lieber aux États-Unis, qui leur ont procuré des tissus cérébraux sains à partir d'autopsies.

«Nous voulions comprendre pourquoi le système immunitaire du cerveau ne fait pas son travail», explique le Prof. Satchi-Fainaro, également Directrice du laboratoire de recherche sur le cancer et nanomédecine de l’Université de Tel-Aviv. «Nous avons donc examiné les interactions entre les cellules immunitaires du cerveau et les cellules de glioblastome dans des tumeurs récemment prélevées sur des patients. À notre grande surprise, nous avons constaté que non seulement les cellules microgliales ne font rien pour arrêter les cellules cancéreuses, mais qu’elles jouent en fait un rôle crucial et négatif pour accélérer leur division, leur propagation et leur mobilité ».

Glioblastoma cancer cellsLes cellules communiquant entre elles par le biais de protéines, les chercheurs ont donc vérifié quelles protéines sont sécrétées lorsque les cellules immunitaires de la microglie rencontrent celles du glioblastome, et on trouvé six protéines en surexpression. À l'étape suivante, le Prof. Satchi-Fainaro et son équipe ont bloqué tour à tour chacune des six protéines, pour essayer d’identifier et d’isoler celle qui permet au cancer d'exploiter le système immunitaire du cerveau à ses propres fins, et donc de se développer. Ils ont ainsi pu découvrir que la protéine responsable de la perturbation du fonctionnement du système immunitaire et de la stimulation des tumeurs du glioblastome est la protéine appelée sélectine-P (SELP).

«La SELP est une protéine connue qui aide normalement les cellules à migrer à l'intérieur du corps, en particulier les globules blancs et les cellules endothéliales qui tapissent l'intérieur des vaisseaux sanguins», explique le Prof. Satchi-Fainaro. « La rencontre entre les cellules de glioblastome et celle de la microglie les amène à exprimer la protéine SELP en grande quantité. Au cours de l'étude, nous avons pu montrer que la surexpression de la protéine SELP aide les cellules cancéreuses à migrer et à pénétrer dans le tissu cérébral ».

La voie ouverte vers des essais cliniques ?

Les chercheurs ont ensuite inhibé cette protéine dans des échantillons de tumeurs prélevés sur des patients, et découvert que les cellules tumorales cessaient alors de se diviser, de migrer et devenaient moins invasives. Les mêmes résultats ont été obtenus sur des modèles animaux et sur des modèles de simulation du cancer en 3D. Le séquençage de l'ARN des cellules, réalisé en collaboration avec le laboratoire du Dr. Asaf Madi du Département de pathologie de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv, a également montré une diminution des propriétés malignes des cellules cancéreuses et l’activation du système immunitaire contre la tumeur lorsque la sélectine-P est inhibée et que la communication entre la microglie et le glioblastome est interrompue, conduisant à l’arrêt de la progression du cancer.

Le Prof. Satchi-Fainaro souligne que cette nouvelle étude pourrait avoir des implications thérapeutiques vitales. Elle mentionne que, par pure coïncidence, un essai clinique de phase 2 est actuellement en cours pour tenter d'inhiber la protéine SELP dans un tout autre but, le traitement de la douleur associée à la drépanocytose, forme d’anémie occasionnant un retard de développement chez l’enfant. Elle espère donc que le fait que le traitement inhibant la protéine SELP se soit avéré sûr chez l'humain ouvrira la voie à l'approbation relativement rapide d'un essai clinique proposant sa réutilisation pour le traitement du glioblastome. « Les patients atteints de cette maladie ont malheureusement besoin de nouveaux traitements immédiatement », souligne-t-elle. « Notre traitement pourrait constituer la percée tant attendue dans la lutte contre le cancer le plus redoutable de tous ».

L’étude a été financée par la Fondation israélienne pour la recherche sur le cancer (ICRF), le Conseil européen de la recherche (ERC), la Fondation Morris Kahn, l’Association israélienne de lutte contre le cancer (ICA) et la Fondation des Sciences d'Israel (ISF).

 

Photos :

  1. Le Prof. Ronit Satchi-Fainaro et le doctorant Eilam Yeini.
  2. Cellules de glioblastome.

(Crédit photos : Université de Tel-Aviv)

 

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Première à l’Université de Tel-Aviv: Un traitement biologique s’est avéré une alternative efficace aux antibiotiques

Des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, sous la direction du Dr. Natalia Freund et de la doctorante Avia Waston de la Faculté de médecine, ont réussi à isoler des anticorps capables d’entraver la croissance des germes de la tuberculose chez des souris de laboratoire. C'est la première fois au monde que des chercheurs parviennent à développer un « antibiotique biologique » et à prouver que l’emploi d’anticorps humains peut constituer un substitut aux antibiotiques chimiques traditionnels.

Natalia Freund at the labL'étude  révolutionnaire a été réalisée en collaboration avec deux laboratoires, aux États-Unis et en Chine, et a été publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature Communications.

Ces cent dernières années, les antibiotiques ont constitué le traitement principal contre les microbes. Les antibiotiques sont des agents chimiques, qui n’existent pas de manière naturelle dans le corps humain, conçus pour détruire des cellules spécifiques, telles que les cellules microbiennes. Cependant, comme les cellules humaines et les cellules microbiennes ont en commun de nombreux mécanismes biologiques, la gamme d'antibiotiques qui peuvent être utilisés en toute sécurité sans nuire au patient est limitée. Par exemple, les composants de la paroi cellulaire de nombreuses souches de microbes sont communs aux cellules humaines; par conséquent, tout dommage causé aux parois cellulaires microbiennes peut également entraîner des dommages importants aux autres cellules de l’organisme. En outre, ces dernières années, le nombre de souches microbiennes résistantes aux antibiotiques est en augmentation, et nous risquons donc de nous retrouver sans antibiotiques efficaces capables de défendre l’organisme contre les microbes sans mettre le patient en danger.

La tuberculose comme étude de cas

C’est pourquoi le Dr. Natalia Freund et l’équipe de son laboratoire recherchent ces dernières années un substitut biologique aux antibiotiques connus. Les anticorps sont des protéines produites de manière naturelle par notre organisme dans le cadre de notre système immunitaire. Ils sont aujourd'hui largement utilisés en clinique pour le traitement du cancer, des maladies auto-immunes ou des infections virales telles que le COVID-19.

Comme étude de cas, l'équipe de recherche a choisi la tuberculose, causée par l'infection du bacille mycobacterium tuberculosis, et a réussi, pour la première fois, à concevoir un traitement efficace basé sur des anticorps pour soigner une maladie infectieuse. Le choix des chercheurs s’est arrêté sur la tuberculose car, bien que le vaccin contre cette maladie ait été développé depuis plus de 100 ans, il n'est pas efficace chez l'adulte et n’empêche pas la contamination. En outre, ces dernières années, se sont développées de plus en plus de variétés de la maladie, résistantes au seul traitement actuellement disponible, à savoir les antibiotiques. Les germes de la tuberculose étant très contagieux, transmis par l'air et nuisibles aux poumons, la propagation de souches de tuberculose résistantes aux traitements de la médecine moderne est donc un réel danger. À l'heure actuelle, environ un quart de la population mondiale est infectée par cette maladie, les taux de souches résistantes aux médicaments atteignant jusqu'à 40% dans certains pays. En Israël, il y a environ 200 cas de tuberculose actifs par an.

Natalia Freund and research team« Le développement de la médecine moléculaire nous permet de vaincre les microbes par de nouveaux outils, qui ne sont pas basés sur des produits chimiques, et peuvent également résoudre le problème des germes résistants aux antibiotiques », explique le Dr. Natalia Freund. « Au cours des 80 dernières années, les antibiotiques ont été notre seule arme contre les infections bactériennes. Malheureusement, leur efficacité diminue de plus en plus. Les microbes développent une résistance à une grande partie d’entre eux et dans de nombreux cas les médecins n’arrivent plus à trouver de traitement approprié pour leurs patients. Notre étude est une première preuve de l’efficacité des anticorps monoclonaux (dérivés de cellules uniques) comme thérapie alternative dans la lutte contre les bactéries pathogènes », souligne le Dr. Freund.

Bloquer l'action de la "pompe" à phosphore sur la paroi du microbe

Il faut signaler qu'en raison de la taille et de la complexité du bacille de la tuberculose, l'isolement des anticorps monoclonaux qui agissent contre lui a été extrêmement difficile. Mais à présent, les chercheurs du laboratoire du Dr. Freund ont réussi à localiser une protéine qui pompe le phosphate sur la paroi cellulaire du bacille, fournissant ainsi de l'énergie à la bactérie après la contamination. Ils ont pu isoler deux types d’anticorps contre cette « pompe », capable de bloquer son action, inhibant la croissance des bactéries et réduisant les taux bactériens de 50%, chez les souris ayant reçu le vaccin par rapport aux souris non traitées avec ces anticorps. En outre, ces anticorps se sont révélés actifs contre trois souches différentes du bacille de la tuberculose; et vu qu’ils sont dirigés contre la « pompe à phosphore », qui est commune à toutes les souches de ce bacille, le vaccin a des chances d’être efficace également contre de nombreuses autres souches, y compris celles qui résistent aux antibiotiques.

Actuellement, compte tenu du succès de l'étude, le laboratoire du Dr. Freund vérifie la possibilité d'étendre l’application de ce substitut «biologique» aux antibiotiques également à d'autres maladies. «Le modèle qui a fait ses preuves dans cette étude nous permettra d'étendre nos futurs travaux à d'autres maladies telles que la pneumonie et les infections à staphylocoques», déclare le Dr. Freund.

 

Photos:

1. Le Dr. Natalia Freund dans son laboratoire

2. Le Dr. Natalia Freund et son équipe de recherche.

(Crédit: Universit de Tel-Aviv)

 

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Enfants autistes et confinement : une étude de l’Université de Tel-Aviv

Crises de colère et violence, troubles alimentaires extrêmes et refus de sommeil mais parfois aussi une opportunité de développement : telles sont les conclusions d’une étude sur les conséquences du confinement sur les enfants autistes, réalisée par le Dr. Itay Tokatly Latzer, et les Prof. Orit Karnieli-Miller et Yael Leitner de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Centre médical Sourasky Ichilov.

seger kids 580La recherche a été publiée dans la revue internationale Autism.

L'étude, qui a examiné les difficultés rencontrées par les enfants autistes à des degrés différents et par leurs parents lors du premier confinement en Israël, montrent que le changement radical dans la vie quotidienne et le séjour prolongé à la maison, en remplacement des cadres d'éducation spécialisée qu’ils fréquentent habituellement, ont entravé le développement d’une partie de ces enfants. Certains d'entre eux ont même commencé à adopter des comportements atypiques caractérisés entre autres par de graves troubles de l'alimentation, des crises de colère et de violence extrêmes, un manque de sommeil et autres. La situation a de plus causé de grandes difficultés aux parents, dont certains se sont sentis impuissants en perdant un réseau de soutien vital, et qui se sont transformés du jour au lendemain en «personnel soignant» à plein temps, alors que beaucoup d'entre eux n'en avaient pas les compétences.

Routine perturbée et régression

L'étude a porté sur les parents de 25 enfants autistes qui ont partagé en temps réel avec les chercheurs les difficultés qu'ils ont rencontrées pendant le confinement. Par exemple, dans un cas, un enfant habitué à manger tous les jours au centre une certaine sorte d’escalope panée, a catégoriquement refusé au début de manger quoi que ce soit d’autre. Il a fini par accepter d’absorber uniquement un certain type de dessert lacté, en grande quantité, ce qui a constitué à la fois une charge économique supplémentaire pour sa famille et un préjudice pour sa santé.

orit karnieli millerCertains enfants ont refusé d'aller se coucher et sont restés éveillés toute la nuit en s’agitant et se mettant à hurler. D’autres ont connu une régression dans leur comportement et sont revenus à des troubles obsessionnels compulsifs qui s’étaient déjà considérablement améliorés chez eux. Par exemple, un des garçons s’est remis à se cogner la tête contre le mur, une fille a arrêté de manger avec des couverts et un autre enfant s’est remis à se lécher les mains de manière obsessionnelle.

En revanche, les chercheurs notent que certaines familles ont vécu cette période différemment, décrivant des moyens créatifs grâce auxquels, malgré la difficulté, elles ont réussi à aider les enfants à faire face à la crise de manière positive. Certains parents, par exemple, ont partagé les centres d'intérêt particuliers de leurs enfants, comme la cuisson répétée de biscuits. Ou encore, les parents d'un enfant ayant constamment besoin de mouvement lui ont acheté un trampoline à la maison pour lui permettre de dépenser son énergie.

Des programmes d'assistance et d'orientation pour les parents d'enfants autistes

« Le confinement est une période difficile pour nous tous, mais d'autant plus pour les familles avec des enfants autistes chez qui tout changement dans la routine quotidienne, même le plus léger, est susceptible d’être nocif et déstabilisant », explique le Prof. Karnieli-Miller. «L’étude a montré que les parents sont souvent restés impuissants face à cette situation, car ils ne disposent pas des outils et des connaissances professionnelles nécessaires pour y faire face. Il est important de leur fournir des outils leur permettant de se confronter à ce défi majeur, en créant une « routine flexible » pour leurs enfants, et en leur donnant accès à des sources leur permettant de recevoir un soutien, une assistance et des conseils ».

Selon elle, « Les conclusions de l'étude montrent que précisément en période de confinement l'État doit tout faire pour empêcher la fermeture des cadres d'éducation spécialisée, mesure nuisible pour les enfants ayant des besoins spéciaux. S’il décide quand même de fermer ces cadres éducatifs, il doit immédiatement mettre en œuvre un programme d'assistance et d’orientation pour les parents d’enfants autistes afin de leur fournir une aide professionnelle et de meilleurs outils pour s’occuper de leurs enfants ».

 

Photos 2: le Prof. Orit Karnieli-Miller (Crédit: Université de Tel-Aviv)

 

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Une étude de l’Université de Tel-Aviv révèle le talon d’Achille des cellules cancéreuses

Une étude menée dans le laboratoire du Dr. Uri Ben-David de la Faculté de médecine de l'Université de Tel-Aviv, en collaboration avec six laboratoires de quatre autres pays (USA, Allemagne, Pays-Bas et Italie) montre pour la première fois comment un nombre anormal de chromosomes (aneuploïdie), caractéristique spécifique des cellules cancéreuses connue des chercheurs depuis des décennies, peut devenir le talon d’Achille de ces mêmes cellules. Elle pourrait mener à l'avenir au développement de médicaments qui exploiteront ce point faible des cellules cancéreuses pour les éliminer.

Cancer Uri 1L’étude a été publiée dans la prestigieuse revue Nature.

L'aneuploïdie est une caractéristique spécifique du cancer. Alors que dans les cellules humaines normales, il existe deux ensembles de 23 chromosomes, l'un provenant du père et l'autre de la mère, les cellules aneuploïdes présentent un nombre inégal de chromosomes. Ce processus est non seulement « toléré » par les cellules cancéreuses, mais il peut même favoriser le développement du cancer. Le lien entre aneuploïdie et cancer a été découvert il y a près de 140 ans, bien avant que l’on ne soit conscient que le cancer était une maladie génétique, et avant même la découverte du rôle de l'ADN dans le processus d’hérédité.

La mutation génétique la plus courante du cancer

Selon le Dr. Ben-David, l'aneuploïdie est en fait la mutation génétique la plus courante du cancer. Environ 90% des tumeurs solides, comme celles du cancer du sein et celles du côlon, et 75% des leucémies, sont aneuploïdes. Cependant, notre compréhension de la manière dont ce phénomène contribue au développement et à la propagation du cancer est limitée.

Dans le cadre de l'étude, les chercheurs ont détecté les phénomènes d'aneuploïdie dans environ un millier de cultures de cellules cancéreuses, à l’aide de méthodes avancées de bioinformatique. Ils ont ensuite comparé la sensibilité génétique des cellules présentant un haut niveau d'aneuploïdie à celles présentant un niveau bas, ainsi que leur sensibilité à divers médicaments et produits chimiques. Ils ont découvert que les cellules cancéreuses aneuploïdes présentaient une sensibilité accrue aux perturbations du processus de contrôle de la séparation des chromosomes pendant la division cellulaire (point de contrôle mitotique).

Cancer Uri 2En outre, les chercheurs ont découvert la base moléculaire de cette sensibilité accrue des cellules cancéreuses aneuploïdes. À l'aide de méthodes génomiques et microscopiques, ils ont surveillé la ségrégation des chromosomes dans des cellules traitées avec une substance connue pour perturber le mécanisme qui la contrôle. Ils ont découvert que lorsque ce mécanisme est inhibé dans des cellules présentant une composition chromosomique normale, la division cellulaire était bloquée, un dispositif se mettait en place, permettant aux chromosomes d'effectuer une séparation correcte, et relativement peu de problèmes chromosomiques survenaient. En revanche, lorsque le mécanisme est perturbé dans des cellules aneuploïdes, la division cellulaire se poursuit sans contrôle, résultant dans la formation de nombreuses mutations chromosomiques qui altèrent la capacité des cellules à se diviser et peuvent même entraîner leur mort.

Une médecine anticancéreuse personnalisée

L’étude a des implications importantes pour la découverte de traitements dans le cadre d’une médecine anticancéreuse personnalisée. Des médicaments qui inhibent le mécanisme de séparation des chromosomes font actuellement l'objet d'essais cliniques, mais on ne sait pas quels patients y réagiront ou non. Grâce à cette étude, il sera possible d'utiliser l'aneuploïdie comme marqueur biologique sur la base duquel on pourra identifier les patients qui répondront le mieux à ces médicaments. Autrement dit, on pourra effectuer un ajustement des médicaments aux caractéristiques génétiques spécifiques des tumeurs.

En outre, les chercheurs proposent de concentrer le développement de nouveaux médicaments sur des composants spécifiques du mécanisme de séparation des chromosomes, identifiés comme particulièrement critiques pour les cellules cancéreuses aneuploïdes. En effet, le mécanisme de contrôle de la séparation des chromosomes fait intervenir plusieurs protéines. L'étude montre que la sensibilité des cellules aneuploïdes à l’inhibition des différentes protéines n'est pas la même et que certaines protéines réagissent plus fortement que d’autres. Aussi, l’étude engage-t-elle à développer des inhibiteurs spécifiques pour d’autres protéines du mécanisme de contrôle mitotique.

«Il convient de souligner que l'étude a été réalisée sur des cellules en culture et non sur des patients cancéreux. De nombreuses études de suivi seront nécessaires afin de la traduire en traitement pour les patients. Cependant, déjà à ce stade il est clair que cette étude pourra avoir de nombreuses conséquences médicales », conclut le Dr. Ben-David.

Ont également participé à cette étude les Dr. Zuzana Storchova (Université technique de Kaiserslautern, Allemagne), Jason Stumpf (Université du Vermont, États-Unis), Stefano Santaguida (Université de Milan, Italie), Floris Foijer (Université de Groningen, Pays-Bas) et Todd Golub (Broad Institute du MIT et Harvard, États-Unis).

 

Photos :

  1. Le Dr. Uri Ben-David et les chercheurs de son laboratoire.
  2. Cellules cancéreuses.

Crédit : Université de Tel-Aviv.

 

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Important : Les articles publiés par l’Association française de l’Université de Tel-Aviv portent sur des recherches en cours. Sauf indication contraire, le chemin est encore long jusqu’au passage à l’industrie qui permettra de mettre les traitements à la portée du grand public.

Vous pouvez soutenir la recherche à l’Université de Tel-Aviv en vous adressant à nos bureaux à Paris : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  ou à Tel-Aviv : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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