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Les archéologues de l'Université de Tel-Aviv ont découvert comment les hommes préhistoriques dépeçaient les éléphants

Une étude réalisée pendant trois ans par une équipe internationale de chercheurs sous la direction du Dr. Flavia Venditti et du Prof. Ran Barkai du Département d’archéologie et des cultures de l'Ancien Orient de l’Université de Tel-Aviv, et portant sur 107 minuscules éclats de silex datant de 300 à 500 000 ans découverts sur le site préhistoriques de Revadim au centre-sud d'Israël, montre que les premiers hommes utilisaient de minuscules outils recyclés pour le découpage précis des grands animaux, tels que les éléphants. Selon les chercheurs, l'étude, réalisée par des moyens technologiques avancés, témoigne des capacités cognitives et des aptitudes d'adaptation des premiers groupes humains du Levant.

Eclats silex 1Ses résultats ont été publiés le 10 septembre dans la revue Scientific Reports du groupe Nature.

D'après les archéologues, les analyses au microscope des minuscules éclats de silex et des résidus organiques identifiés dessus, montrent qu'il ne s'agit pas de débris résultant de la production d'outils plus grands, mais bien du résultat d'un processus intentionnel et délibéré de recyclage d'outils existant, et qu'ils étaient utilisés par les habitants du site pour un découpage quasi-chirurgicale des éléphants et autres animaux. "Il s'agit d'analyses innovantes d'anciens silex de la période paléolithique inférieure, comprenant des observations microscopiques des marques d'usure (tracéologie ou analyse fonctionnelle) et des résidus organiques", explique le Prof. Barkai. "Nous recherchions en fait des signes d'abrasion, de cassures, de rayures et même des résidus organiques restés dans les replis des éclats de silex, et ce dans le but de comprendre à quoi ils servaient".

La boite à outils des anciens humains

Le site de Revadim, situé entre la ligne montagneuse centrale d'Israël et la plaine côtière sud, est rattaché à la période de l’homo erectus et à la culture acheuléenne, qui prévalait encore en Afrique, en Europe et en Asie jusqu'à il y a 150 000 ans, et était caractérisée par la production standard d'outils de pierre méticuleusement façonnés, tels que les hachereaux et les bifaces utilisés principalement pour le dépeçage des grands animaux. Il est important de noter que l’homme primitif dépendait de la viande et en particulier de la graisse des animaux pour son existence. C'est pourquoi il lui était primordial de dépecer les gros animaux avec soin afin d'en produire toutes les calories possible. Le Prof. Barkai et son équipe ont déjà retrouvé dans le passé, à la fois des traces d'utilisation et des restes organiques sur les gros outils, parfaitement conservés, découverts sur le site de Revadim. Aujourd'hui, pour la première fois, ils montrent que les minuscules éclats retrouvés sur le site avaient eux aussi une utilisation importante, et qu'ils étaient délibérément récupérés à partir de plus gros outils en pierre, inutilisés et abandonnés.

Eclats silex 2"Nos résultats montrent pour la première fois l'utilisation de ces minuscules éclats d'une taille de trois centimètres tout au plus ", explique le Prof. Barkai. "Il s'agit d'outils fabriqués au cours d'un processus de recyclage, les anciens humains prenant des objets en silex hors d'usage et les recyclant à d'autres fins. Pendant des décennies, ces minuscules éclats n'ont pas attiré l'attention des archéologues, qui s'attachaient surtout à l'étude des gros outils de pierre décorés, ciselés, travaillés et impressionnants. Nous montrons ici que les éclats de silex sont eux aussi des instruments délibérément fabriqués qui occupaient une place importante dans la boîte à outils des anciens humains".

Après une étude de trois ans et des analyses au microscope de centaines de minuscules éclats de silex provenant du site de Revadim, les chercheurs en ont retrouvé 107 présentant des signes de leur utilisation pour le dépècement des animaux. Outre les traces d'érosion, 11 des 107 éclats portaient également des résidus organiques, principalement d'os, mais également de tissus biologiques. Des expériences menées avec des copies de ces outils archéologiques réalisées pour la circonstance, ont montré que ces petits éclats étaient très efficaces pour effectuer des travaux de coupe délicats et précis, et qu'ils ne servaient que pendant une période très courte. Apparemment, les petits outils étaient utilisés à des étapes spécifiques de la découpe, qui nécessitaient des opérations précises, telles que la séparation des tendons. On peut supposer qu'ils servaient à côté des outils plus grands pour dépecer les animaux sur le site, entre autre pour le dépeçage des éléphants, principale source de nourriture à Revadim.

Une conscience élevée de l'environnement

"L'image que nous avons des humains primitifs est celle de créatures grossières et maladroites s'attaquant aux animaux avec de gros outils de pierre, qui engloutissaient tout ce qu'ils pouvaient avaler, et allaient dormir après s'être remplis l'estomac. En fait, le processus de dépeçage était beaucoup plus complexe que nous ne le pensions. Les minuscules éclats étaient de petits outils chirurgicaux créés et utilisés spécialement pour la découpe délicate et précise des parties spécifiques du corps de l'éléphant dans le but d'en tirer toutes les calories possible, ainsi que le découpage de parties comme les tendons et la peau. Ces actes reflètent une culture complexe, précise, réfléchie et environnementale. Je suis certain que les humains de l'époque avaient une conscience élevée de l'environnement. Ils recyclaient leurs outils bien avant nous et ne gaspillaient pas la nourriture comme nous le faisons. En fait, ils ne gaspillaient rien. Je suis pour ma part persuadé que c'est cette pensée écologique qui a permis aux anciens humains de prospérer pendant des milliers d'années ".

 

Crédit photos: Dr. Flavia Venditti et Prof. Ran Barkai.

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Des archéologues de l'Université de Tel-Aviv ont peut-être retrouvé Emmaüs, lieu présumé de la réapparition de Jésus après la crucifixion

Les fouilles menées conjointement depuis août 2017 par le Prof. Israël Finkelstein du Département d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv et les Prof. Thomas Römer et Christophe Nicolle du Collège de France continuent de porter leurs fruits. La découverte cet été des murs massifs d'une fortification hellénistique vieille de 2 200 ans qui pourrait avoir été construite par Bacchidès, le général séleucide vainqueur de Judas Maccabée, pourrait également aider à identifier l'emplacement de la ville d'Emmaüs, où, selon les Evangiles, Jésus serait apparu pour la première fois après sa résurrection.

KiriyatYearimL'étude, qui a de larges implications pour l'archéologie biblique et l'histoire chrétienne, sera publiée le 24 octobre dans la revue New Studies in the Archaeology of Jerusalem and its Region, et a déjà fait l'objet d'un article dans le journal HaAretz du 3 septembre.

De l'Arche d'Alliance aux garnisons romaines

Située sur l'une des plus hautes collines des monts de Judée, à 12 km à l’ouest de Jérusalem, la ville biblique de Kiriyat Yéarim est principalement connue comme le dernier endroit où l'Arche d'alliance a été entreposée par Eléazar avant d'être conduite à Jérusalem par le roi David. Les archéologues ont entre autre déjà mis à jour les vestiges d'un sanctuaire colossal de cette période: des restes de murs massifs en pierre de trois mètres d'épaisseur, soutenant une sorte de podium rectangulaire, qui, selon le Prof. Finkelstein, auraient pu abriter un centre de culte ou d'administration israélite aux VIIIe et VIIe siècles avant notre ère, alors que se côtoyaient les Royaumes d'Israël au nord et de Juda au sud.

La saison de fouilles qui vient de s'écouler a cependant mis au jour des preuves de l'existence d’au moins deux phases ultérieures sur le site. L'une d'elle est un autre ensemble de fortifications imposantes, datées de la première moitié du deuxième siècle avant JC., soit la fin de la période hellénistique dans la région, composées de murs massifs d'une épaisseur de trois mètres et d'une hauteur atteignant parfois deux mètres, ainsi que ce qui semble être les vestiges d'une tour.

FinkelsteinIDD'après le Prof. Finkelstein, ce fortin hellénistique a été réparé et restauré plus de 200 ans plus tard, à l’époque romaine, au premier siècle de notre ère, et a alors probablement été occupé par une garnison militaire, comme en témoigne la découverte de carreaux romains, de pièces de monnaie et de clous du type de ceux utilisés dans les sandales de légionnaire. Quatre inscriptions retrouvées sur le site de Kiriath Yearim et dans le village voisin d'Abou Ghosh montrent que la ville a abrité un détachement de la 10ème légion romaine après la fin de la première révolte juive (66-73 C. E.).

La mort de Judas Maccabée

Au deuxième siècle avant J.-C Juda Maccabée et ses frères se révoltent contre l'empire hellénistique séleucide. Le triomphe de Juda sur les Grecs et de reconquête de Jérusalem et du Temple en 164 av. J.-C. est célébré pendant la fête de Hanoukka, mais il a fallu plusieurs décennies pour que les Juifs recouvrent un semblant d’indépendance sous les successeurs de Juda, la dynastie hasmonéenne. Juda Maccabée lui-même fut tué en 160 av. J.-C. à la bataille d'Elasa par une armée séleucide dirigée par Bacchidès, général envoyé en Judée pour enrayer la rébellion. Celui-ci reprit alors Jérusalem et, selon le premier livre des Maccabées et l'historien romain juif Flavius Josèphe, construisit un anneau de forteresses protégeant les abords de la capitale.

D'après le Prof. Thomas Römer, la frénésie de construction de Bacchidès a abouti à l'édification de fortifications à grande échelle en Judée au cours de cette période. Flavius Josèphe ainsi que le premier Livre des Maccabées donnent la liste des villes fortifiées par le général, comprenant Béthel, Jéricho, Gezer, Bet Horon et d’autres. Kiriath Yearim n'y figure pas sous ce nom, mais les listes mentionnent cependant un lieu non identifié quelque part à l’ouest de Jérusalem, sur la route stratégique reliant la ville à Jaffa et la côte méditerranéenne, désigné sous le nom d'Emmaüs. Dans la mesure où il n'existe pas d'autre fort hellénique important à l'ouest de Jérusalem, les Prof. Finkelstein et Römer suggèrent que la colline de Kiryat Yéarim et le village voisin d'Abou Ghosh soient identifiées avec l'Emmaüs fortifié par Bacchidès.

L'Evangile selon Luc

Selon les Evangiles, c'est sur la route d'Emmaüs que Jésus est apparu à deux de ses disciples à la suite de sa crucifixion et de sa résurrection. Dans le livre de Luc (24: 13-35), les deux disciples ne reconnurent pas immédiatement Jésus, mais une fois parvenus à Emmaüs, ils rompirent le pain avec lui pendant le souper, et alors "leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent". La scène a été dépeinte d'innombrables fois par des artistes occidentaux, de Caravage à Rembrandt. Or, le Livre de Luc situe le village d'Emmaüs à 60 stades de Jérusalem, soit environ 11 kilomètres, mesure qui correspond bien à la distance qui la sépare de la colline de Kiryat Yéarim et d'Abou Ghosh.

Kiriath JearimNéanmoins, au moins deux autres sites à proximité revendiquent fortement le nom d'Emmaüs. Traditionnellement, l’Emmaüs de l'époque de Jésus a été identifiée avec ce qui deviendra plus tard la ville byzantine d'Emmaüs Nicopolis, située dans la vallée de l’Ayalon, à proximité du carrefour de Latroun, qui correspond à la description donnée dans le premier Livre des Maccabées du lieu de la bataille d'Emmaüs, où Judas Maccabée a écrasé les forces séleucides quelques années avant sa rencontre fatale avec Bacchidès. Cependant, Emmaüs Nicopolis se trouve à 25 kilomètres de Jérusalem, soit plus du double de la distance donnée par Luc.

Autre "candidat" possible : le village moderne de Motza, situé entre Kiryat Yéarim et Jérusalem. L'idée vient du fait que Favius Josèphe, dans son livre Les Guerres des Juifs contre les Romains, mentionne un Emmaüs où l'empereur Vespasian permit à 800 vétérans de son armée de s'installer pour fonder une colonie (colonia en latin).

Mais la région de Motza est trop proche de Jérusalem pour correspondre à la distance indiquée dans l'Evangile de Luc.

Selon le Prof. Römer, d'anciennes traditions relient également Kiriyat Yéarim et Abou Ghosh à Emmaüs, comme en témoigne la magnifique église de la Résurrection d'Abou Gosh, construite par les Croisés au XIIe siècle. "Géographiquement, je pense que la distance qui nous sépare de Jérusalem convient parfaitement, et que donc Kiryiat Yéarim aurait pu être l'Emmaüs du Nouveau Testament", conclut-il.

Reste que les chercheurs ne peuvent évidemment pas se prononcer sur le fait qu'une apparition miraculeuse se soit réellement produite sur le site; mais l’archéologie biblique peut donner un aperçu du contexte historique des textes religieux et de leur degré de précision dans la description de lieux tenus pour sacrés par des millions de personnes dans le monde entier.

 

Crédit: The Shmunis Excavations at Kiriath-Jearim

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Les hommes recyclaient déjà leurs outils il y a 400 000 ans, d'après les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv

D'après une nouvelle étude réalisée sur le chantier de fouilles de la grotte de Qesem près de Rosh Haayin, sous la direction du Dr. Flavia Venditti, et des Prof. Ran Barkai et Avi Gopher du Département d'archéologie et des cultures de l'Ancien Proche-Orient de l'Université de Tel-Aviv, nos ancêtres recyclaient leurs outils usagés pour en faire des instruments de précision. Selon eux, les milliers de minuscules outils en silex retrouvés dans la grotte sont un excellent exemple de la complexité de la boîte à outils de l'homme préhistorique et du principe de recyclage qui faisait partie intégrante de sa vie.

Outils silexL’étude, réalisée en collaboration avec l’Université de Rome et l’Institut pour l’étude des nanostructures à Rome (CRN-ISMN), a été récemment  publiée dans le Journal of Human Evolution.

Les chercheurs ont étudiés de minuscules éclats de silex datant de centaines de milliers d'années, jusqu'alors considérés comme des débris et laissés de côté, ainsi que des restes organiques retrouvés sur ces objets, et ont déterminé qu'il s'agissait en fait de minuscules accessoires, fabriqués à partir d’outils de pierre plus grands et désaffectés, et utilisés principalement pour réaliser des coupes de précision quasi "chirurgicales" sur les produits de leur chasse et de leur cueillette.

Un processus de recyclage efficace, organisé et conscient

"La grotte de Qesem près de Rosh HaAyin a été découverte par hasard en 2000 lors de l'extension de l'autoroute 5, et est devenue l'un des sites préhistoriques les plus importants du monde, qui revêt une grande importance pour l'étude de l'évolution biologique et culturelle de l'homme", explique le Prof. Barkai. "La grotte, riche en vestiges, qui a été complètement scellée pendant environ 200 000 ans, constitue une sorte de 'capsule temporelle' portant sur une période relativement inconnue de l'histoire de l'humanité, il y a entre 400 000 et 200 000 ans. Il s'agit d'une phase de transition dans l'évolution au cours de laquelle l'homme s'est transformé d'Homo erectus en homme moderne, l'Homo sapiens et l'homme de Neandertal, processus qui s'accompagne également de profonds changements culturels".

Outils silex 2Les archéologues de l'Université de Tel-Aviv fouillent le site depuis sa découverte et y ont trouvé une grande variété d'outils en silex utilisés par l'homme à diverses fins: bifaces, lames, racloirs, etc. Parmi les vestiges, on compte des milliers de petits artefacts en silex, dont la taille varie de 1 à 3 cm, similaires à ceux trouvés sur de nombreux chantiers de fouilles dans le monde, mais qui n’ont jamais pas été étudiés car ils étaient considérés comme des débris provenant de la fabrication d'outils plus gros. Selon les chercheurs de la grotte de Qesem, contrairement à cette hypothèse généralement acceptée, il s'agit d'outils minuscules produits à partir de vieux outils non utilisés, selon un processus de recyclage efficace, organisé et conscient.

Ne rien gaspiller pour survivre

Pour identifier précisément le rôle de ces minuscules outils de silex, les chercheurs ont utilisé des méthodes scientifiques avancées. D'une part, ils les ont examinés sous microscope selon différents grossissements pour détecter des marques d'utilisation, telles que les éraflures et les brisures à l'extrémité tranchante de l'instrument. En outre, ils ont eux-mêmes réalisé des copies de ces anciens outils, les ont testés pour différents usages et ont comparé les marques créées à celles existantes sur les objets trouvés dans la grotte. Un autre aspect de l’étude a consisté en des tests chimiques sur des restes organiques datant de centaines de milliers d’années qui, curieusement, sont restés sur les outils de pierre en raison des excellentes conditions de conservation régnant dans la grotte.

"Nous avons trouvé des restes de graisse, de membranes, d'os et d'autres matières animales, sur beaucoup de ces outils minuscules, en particulier sur ceux qui ont été retrouvés au centre de la grotte, près du foyer, et nous avons constaté que ces outils avaient été utilisés pour désassembler les animaux chassés", a déclaré le Prof. Barkai. "Il s'est avéré que ces minuscules outils étaient utilisés pour réaliser des découpes très précises, presque chirurgicales, complétant celles plus grossières réalisées avec les gros outils". Dans d'autres parties de la grotte, les chercheurs ont pu identifier d'autres utilisations possibles de ces petits outils, comme le traitement et le découpage des peaux, ainsi que pour la coupe des plantes.

"L'homme préhistorique qui vivait dans la grotte de Qesem ne gâchait rien", conclut le Prof. Barkai. "Chaque animal chassé et chaque plante récoltée étaient pleinement exploités pour maximiser la capacité de survie humaine, et avec chaque outil érodé ou jeté, d'autres outils étaient produits. En fait, il recyclait naturellement, dans le cadre de sa vie quotidienne... Nous avons bien des choses à apprendre de lui...".

 

Crédit photos: Flavia Venditti et Ran Barkai.

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L'homme du Neandertal et les mammouths ont partagé les mêmes mécanismes génétiques d'adaptation au froid, d'après les chercheurs de l'Université de Tel-Aviv

Selon une étude réalisée par le Prof. Ran Barkai, du Département d'archéologie et de cultures du Proche-Orient ancien de l'Université de Tel-Aviv et sa doctorante Meidad Kislev, l'homme du Néandertal et les mammouths laineux, deux espèces éteintes qui ont vécu côte à côte sur le continent européen pendant des centaines de milliers d'années, avaient des caractéristiques communes dans leurs dispositifs génétiques d'adaptation aux climats froids. Selon les chercheurs, les résultats de cette étude génétique comparative, la première du genre menée dans le monde, constituent une nouvelle strate de la responsabilité de l'homme envers ses partenaires animaux, en particulier les éléphants, de la famille des mammouths laineux, aujourd'hui en danger d'extinction.

Neandertal2L'étude a été publiée hier 7 mars 2019 dans la revue Human Biology.

"On trouve jusqu'à aujourd'hui de nombreux vestiges de l'homme du Neandertal et du mammouth laineux sur l'ensemble du continent européen", explique le Prof. Barkai. "On sait que ces deux espèces avaient des ancêtres africains, qui ont migrés en direction du nord vers le continent européen, et à partir desquels se sont développés les mammouths il y a près de 600 000 ans et les Néandertaliens il y a environ 400 000 ans. Les deux espèces ont vécu côte à côte en Europe pendant des centaines de milliers d'années, les Néandertaliens chassant les mammouths dont ils tiraient des aliments riches en calories et des matières premières pour la construction et la combustion".

Une histoire commune

Selon Meidad Kislev, "il semblerait que les deux espèces aient également disparu à peu près à la même époque à la suite de processus ayant atteint leur apogée il y a 40 000 ans. On peut donc supposer que leur histoire commune a obligé les deux espèces à s'adapter aux mêmes conditions environnementales et créé des pressions évolutives similaires. Mais cette acclimatation a-t-elle également trouvé son expression dans une adaptation génétique ? Jusqu'ici le génome des deux espèces a été étudié séparément, mais il n’y a jamais eu de comparaison entre eux, et c’est la tâche que nous avons entreprise dans cette étude".

ranbarkai hhPour les besoins de l'étude, les chercheurs ont utilisé des bases de données existantes contenant des informations génétiques issues d'ossements de mammouths laineux et de néanderthaliens. Et en effet, la comparaison a montré que l’adaptation au climat froid en général, et durant les périodes glaciaires en particulier, a entraîné des changements similaires dans l’ADN des deux espèces, et qu'elles partageaient apparemment des gènes similaires de trois types: le gène LEPR responsable des récepteurs de la leptine, protéine liée à la formation des tissu adipeux et à la régulation de la température corporelle, les gènes responsables de la production de la kératine, une protéine qui régule la structure des cheveux, de la peau et des ongles et pouvant affecter la résistance au froid, le gène MC1R, connu sous le nom de gène des roux, et le gène SLC7A11, responsable de la pigmentation. L'effet de ces deux derniers est visible : au moins certains des individus des deux espèces avaient en effet des cheveux ou des poils roux, qui aident à mieux absorber la vitamine D dans des conditions où la lumière solaire est faible et relativement rare. Une comparaison avec le génome des ancêtres des mammouths laineux qui vivaient en Afrique a révélé que ces gènes n'existaient pas chez eux et qu'ils se sont développés en Europe en réponse au froid. Pour les ancêtres de l'homme de Néandertal, il n'existe pas de base de données similaire.

Un modèle d'adaptation génétique aux conditions environnementales

"Dans notre étude, nous avons posé une question qui n'avait pas encore été formulée sur les similitudes génétiques entre deux espèces apparemment éloignées", conclut le Prof. Barkai. "Nous avons créé un modèle d'adaptation génétique aux conditions environnementales et fourni des résultats intéressants qui donnent une perspective plus large sur notre proximité avec nos frères les animaux. Nous pensons que cette contigüité constitue une autre strate de la responsabilité de l'homme envers ses partenaires sur la Terre, en particulier les éléphants, de la famille des mammouths laineux, et qui sont aujourd'hui en danger d'extinction. Nous espérons que d'autres chercheurs adopteront notre approche de recherche et poseront des questions similaires sur d'autres caractéristiques du mammouth laineux et de l'homme de Neandertal, ainsi que sur d'autres animaux".

 

Photo du haut: Wikipedia 

 

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Un sceau de la fin de la période du Premier Temple découvert sur le chantier de fouilles de l'Université de Tel-Aviv à Jérusalem

Les fouilles menées sur le parking Givati de la Cité de David à Jérusalem par le Prof. Yuval Gadot de l'Université de Tel-Aviv et le Dr. Yiftah Shalev de l'Autorité des Antiquités d'Israël continuent de porter leurs fruits. Cette fois-ci c'est un sceau et un cachet portant des noms hébreux datés d'environ 2 600 ans qui ont été découverts dans les ruines d'un bâtiment public incendié lors de la destruction du Premier Temple. Selon les archéologues, ces découvertes témoignent du statut économique de Jérusalem et de son système administratif pendant cette période, ainsi que de l'intensité de la destruction de la ville par les Babyloniens en 586 avant notre ère.

Cachetvilledavid1Un sceau de pierre et une empreinte (bulla) datant de la fin du royaume de Juda et portant des noms gravés en écriture hébraïque ancienne ont été découverts dans un grand bâtiment apparemment utilisé comme bâtiment public détruit en 586 avant notre ère. Selon les chercheurs, de grands blocs de pierres effondrés, des poutres en bois brulées et de nombreuses poteries ont été découverts dans l'édifice, attestant de l'incendie qui s'y est déroulé. L'importance du bâtiment se voit, entre autre, par sa taille, les pierres ouvragées dans lesquelles il a été construit et la qualité des éléments architectoniques trouvés à l'intérieur des ruines, comme les restes d'un sol en plâtre poli effondré à partir du deuxième étage.

"Une découverte très émouvante et unique"

Le sceau et l'empreinte, d'environ un centimètre, ont été déchiffrés par le Dr. Anat Mendel-Geberovich de l'Université hébraïque de Jérusalem et du Centre d'étude de la Jérusalem antique, qui, d'après l'écriture, les fait remonter au milieu du VIIe et début du VIe siècle avant notre ère.

Le sceau, en pierre d'agate bleuâtre, porte l'inscription en écriture hébraïque antique du nom "Akar, fils de Mataniyahu". "Il s'agit d'une découverte très émouvante et unique car elle apparait en contexte", a déclaré le Prof. Gadot. "Ce n'est pas par hasard que ce sceau a été trouvé sur le versant occidental de la ville de David. A partir du milieu de l'âge de fer, vers le VIIIe siècle avant notre ère, ce quartier devient la partie centrale de la ville". Selon les chercheurs, le nom Mataniyahu apparait à la fois dans la Bible et sur d'autres sceaux, mais c'est la première fois que l'on voit apparaitre le nom" Akar ", qui n'était pas connu à ce jour.

Cachetvilledavid2L'empreinte, datée du premier temple, contient les mots: "A Nathan-Melech, serviteur du roi". Le nom Nathan-Melech n'apparaît qu'une seule fois dans le livre des Rois II et désigne un eunuque de la cour de Josias, qui participa à la réforme religieuse que le roi avait entreprise: "Il fit enlever les chevaux que les rois de Juda avaient consacrés au soleil, devant la maison de YHVH, et les relégua dans l'office de Nathan-Melech, l'eunuque, dans les faubourgs et il livra aux flammes les chars du soleil" (Rois II, 23, 11).

Le titre "serviteur du roi" est bien connu dans la Bible et désigne un haut fonctionnaire proche du monarque. Il apparaît sur d'autres sceaux et cachets retrouvés dans le passé. D'après les chercheurs, l'importance de celui-ci réside dans le fait qu'il constitue la première preuve archéologique du nom de Nathan-Melech en dehors de la Bible. Le Dr. Mendel-Geberovich note que le fait que le fonctionnaire soit mentionné par son seul prénom indique qu'il était connu de tous, et qu'il n'était pas nécessaire de rajouter son appartenance familiale. "Bien qu'il ne soit pas possible d'établir avec certitude que le Natan-Melec mentionné dans la Bible soit bien le propriétaire du sceau, il est impossible d'ignorer les liens entre les deux. Le nom Nathan-Melech est rare, tant dans la Bible que dans les découvertes archéologiques; de plus dans les deux cas, le titre accompagnant le nom se rapporte à un homme proche du roi ('serviteur du roi' et 'eunuque'). Enfin, les deux remontent à la même période, milieu du VIIe siècle avant notre ère, époque du roi Josias".

Preuve du statut de Jérusalem à la période du Premier Temple

Les cachets - ou bullas - étaient de petites pièces d'argile utilisées dans l'Antiquité pour signer des lettres pour les maintenir fermées jusqu'à ce qu'elles parviennent à leur destinataire. Bien que les lettres elles-mêmes n'aient pas survécu au grand incendie qui détruisit Jérusalem, les cachets, fabriqués avec un matériau semblable à de la poterie, ont été mieux conservés, laissant ainsi la preuve de l'existence des lettres et de leurs auteurs.

"Beaucoup de sceaux connus ne proviennent pas d'une fouille archéologique, mais du marché des antiquités", relèvent les chercheurs. "Aussi le fait d'avoir retrouvé ces objets dans un contexte archéologique clair que l'on peut dater est très réjouissant. Ils vont rejoindre les sceaux et les cachets portant des noms écrits en écriture hébraïque ancienne déjà découverts au cours des diverses fouilles de la Cité de David. Ces découvertes témoignent du développement du système administratif du royaume de Judée et apportent un éclairage considérable à la compréhension du statut économique de Jérusalem et de son système administratif à la période du Premier Temple, ainsi que des informations personnelles sur les plus proches fonctionnaires et administrateurs du roi qui vivaient et travaillaient dans la ville. En outre, la découverte d'un tel bâtiment public sur le versant occidental de la Cité de David apporte de nombreuses informations sur la structure de la ville au cours de cette période et sur la taille de sa zone administrative. La destruction du bâtiment dans l'incendie, apparemment lors de la conquête babylonienne de Jérusalem en 586 avant notre ère, renforce l'hypothèse de l'intensité de la destruction de la ville par les Babyloniens".

 

Photos: Eliyahu Yanai/City of David

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