Slide background
Slide background
Slide background

nov1

A LA UNE

Les dernières nouvelles de l'Université de Tel-Aviv


events

EVENEMENTS

Aucun événement

video

VIDEOS

vid1

semel uni2

SOUTENIR L’UNIVERSITÉ

Soutenez la recherche et les étudiants


Archéologie

Une découverte archéologique de l’Université de Tel-Aviv dévoile la vie à Jérusalem au retour de l’exil à Babylone

Un sceau d’argile datant de 2 500 ans, découvert sur le site de fouilles de la Ville de David, sous la direction conjointe du Prof. Yuval Gadot du Département d'archéologie et des cultures de l'ancien orient de l'Université de Tel-Aviv et du Dr. Yiftah Shalev de l'Autorité des Antiquités d'Israël, jette un éclairage sur les activités de reconstruction de Jérusalem à l’époque du retour à Sion après l’exil à Babylone, période que nous connaissions jusqu’à présent principalement à travers la littérature biblique (Livres d’Ezra et Néhémie).

Yuval Gadot cachet ville David Créd IAAUne double estampille et un sceau en argile ont été découverts dans les décombres d'un grand bâtiment démoli lors de la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, au cours des fouilles archéologiques de l'Autorité israélienne des Antiquités et de l'Université de Tel-Aviv sur le parking Givati de la ville de David. Datés de la période perse, ces vestiges sont susceptibles de nous informer sur la manière dont Jérusalem s’est relevée de l'énorme destruction provoquée par l'armée babylonienne au 6e siècle avant notre ère.

« Malgré les nombreuses fouilles menées à Jérusalem jusqu’à ce jour, les vestiges de la période perse restent extrêmement pauvres. Nous manquons donc d'informations sur le caractère et l'apparence de la ville à cette époque. Aussi la découverte de ces vestiges, dans un contexte archéologique que l'on peut dater avec une haute probabilité, est extraordinaire », soulignent les chercheurs.

Rétablir une vie administrative normale

Les sceaux de l’époque étaient de petits morceaux de roches limoneuses utilisés pour sceller des documents ou des conteneurs (par exemple des jarres de stockage pour les produits agricoles collectés comme impôt), et ils avaient pour fonction de les garder fermés pendant la route vers leur destination. Les objets eux-mêmes n'ont souvent pas survécu (en particulier les lettres) ; par contre les sceaux, faits d’argile cuite similaire à de la céramique, se sont conservés, témoignant de l’existence de rouages administratifs, voire même des personnes qui les géraient.

Selon le Prof. Gadot et le Dr. Shalev, « La découverte de ces estampilles et du sceau dans la ville de David indique que malgré la situation désastreuse de Jérusalem après la destruction babylonienne, des efforts ont été faits pour y rétablir une vie administrative normale, les habitants réutilisant à cet effet les bâtiments qui avaient été détruits ».

The Givati Parking Lot Excavations Cred. IAALa double empreinte a été trouvée sur un gros morceau de roche limoneuse d’environ 4,5 cm, sa taille indiquant qu'elle a été utilisée pour sceller un grand récipient, peut-être une jarre, et non une lettre. L'image représente un personnage assis sur une haute chaise avec un ou deux piliers devant lui. La composition de l'image indique qu'elle a été réalisée avec un sceau de type babylonien. Le personnage est probablement un roi, et le ou les piliers sont des symboles représentant les dieux Nabu et Marduk. Selon le Dr. Ido Koch du Département d'archéologie et des cultures de l'ancien orient, seuls une dizaine d’éléments de ce type, qui semblent avoir été utilisés pendant la période perse ont été trouvés en Israël, dispersés sur plusieurs sites, dont Ein Gedi et Jérusalem. Un autre cachet de ce type de la même période a été découvert au cours des fouilles menées par le Dr. Eilat Mazar sur le flanc oriental de la Ville de David.

Cent ans après

Le sceau est composé d'un grand fragment de poterie de fabrication locale. Sur le dessus est gravé un cadre circulaire divisé en deux sections et il porte plusieurs traits incrustés, qui représentent peut-être deux personnages. Il pourrait également s'agir d'un sceau pseudo-épigraphique (portant des dessins conçus pour simuler des lettres). Au dos du sceau, on distingue une entaille qui pourrait signaler une anse qui y aurait été rattachée dans le passé. Le diamètre du sceau (environ 8 cm) indique qu'il a été utilisé pour sceller de gros objets.

D’autres vestiges ont également été découverts en parallèle, notamment un fragment d'une amulette de Bès ornée d'un visage. Selon les chercheurs, « le fait d'avoir découvert ces nouveaux vestiges sur le versant occidental de la colline de la Ville de David apporte beaucoup d'informations sur sa structure pendant la période du Retour à Sion, époque que nous ne connaissions jusqu'à présent que principalement à travers la littérature biblique (Livres d'Ezra et de Néhémie). Nous savons que Jérusalem a été totalement détruite en 586 avant notre ère, et qu’à leur retour, les exilés ont entrepris de reconstruire la ville, mais le peu de vestiges de cette période a rendu difficile la compréhension de son statut et de sa superficie à cette période. D’après les résultats des fouilles sous le parking Givati, les exilés de retour ont remis en marche le système d’administration de la ville, à l’endroit où il avait existé avant la destruction du Premier Temple, environ 100 ans plus tôt ».

Ces résultats seront présentés lors des 5èmes Journées de Jérusalem de Yad Yitzhak Ben-Zvi et de l'Autorité des Antiquités d'Israël, avec la contribution de la Fondation Uzi et Michal Halevi. La conférence sera filmée et diffusée en direct sur les sites internet de Yad Yitzhak Ben-Zvi et de l'Autorité des Antiquités.

 

Photos :

1. le Prof. Yuval Gadot avec le sceau (Crédit : Autorité des Antiquités d'Israël)

2. Les fouilles du Parking Givati à Jérusalem (Crédit: Autorité des Antiquités d'Israël)

j'aime:

Les archéologues de l’Université de Tel-Aviv identifient les pointes de flèche qui ont détruit la Judée à la période du Premier Temple

Le développement d’un nouveau type de pointes de flèche à trois ailerons avec une structure aérodynamique améliorée (dites pointes de flèche scytho-iraniennes) apparues il y a 2 700 ans, et son utilisation intensive, ont probablement aidé les forces babyloniennes à détruire les principales villes de Judée et notamment Jérusalem, au 7e siècle avant JC. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude du Prof. Oded Lipschits et du Dr. Guy Stiebel du Département d'archéologie et des cultures de l'Ancien Orient de l’Université de Tel-Aviv, qui analyse la relation entre les pointes de flèches utilisées dans les anciens empires et les événements historiques des périodes du premier et deuxième Temple.

L’étude, réalisée par l'étudiant Sean Dugaw, qui a rédigé son mémoire de maitrise sur le sujet, a été publiée dans la revue IEJ.

FlechesLes chercheurs de l'Université de Tel-Aviv ont pour la première fois présenté un modèle reliant les différentes pointes de flèches de la fin de la période du premier temple et du début de la période du second temple avec les événements historiques, définissant quels types de pointes étaient utilisées par les diverses armées des empires de l'ancien Proche-Orient. La plupart des pointes de flèches examinées au cours de l'étude ont été retrouvées dans des couches de destruction correspondant aux campagnes de guerre assyriennes et babyloniennes en Israël, d'autres sur des sites où ces armées ont stationné.

Un nouvel outil de datation

« Les flèches constituaient un élément important de la théorie de la guerre dans le monde antique, et indiquent la capacité de l'ennemi à attaquer à distance », explique le Dr. Guy Stiebel. « L'utilisation des flèches pour la chasse est connue depuis la préhistoire, mais le développement des forces militaires dès la période du bronze ancien a amené une utilisation croissante des arcs et des flèches »

oded.lipschitsDans le cadre de l'étude, les chercheurs présentent un modèle qu'ils sont parvenu à développer, définissant en détail et avec précision l'évolution des types de pointes de flèches à partir du 7e siècle avant JC. « L’établissement de cette nouvelle typologie, de même que la description du processus évolutif des divers types de pointes de flèches et leur attribution chronologique offrent un nouvel outil de datation, permettant de relier les couches archéologiques et les sites où ils ont été trouvés aux activités guerrière des armées d'empire en Israël et à l'extérieur », explique le Prof. Lipschitz.

Selon les chercheurs, à partir du 7ème siècle de notre ère sont apparues des pointes à trois ailerons, caractérisées par une structure aérodynamique améliorée et un trajet stable. Certaines étaient conçues pour pénétrer des armures lourdes, probablement les plus répandeus à cette époque au Moyen-Orient, tandis que d'autres étaient destinées au tir à distance. L’un des points importants de l’étude est justement cette évolution fonctionnelle, qui indique les tactiques de combat et la spécialisation des archers du Levant, connus pour leur grande dextérité et les arcs puissants et complexes qu'ils utilisaient.

Le plus ancien type de pointe de flèche à douille présentant trois ailerons (dites scytho-iraniennes) est apparu dans les armées assyriennes il y a environ 2 700 ans. Selon les chercheurs elles ont probablement été introduites par des mercenaires au service de l'armée assyrienne ou des exilés transportés vers la division nord de l'empire. Ce type de pointe de flèche a disparu du Levant après le retrait de l'empire assyrien.

Le phénomène à la fois le plus ancien et le plus actuel de l'histoire

D'autres variantes de ce type d’armes ont été identifiées dans la région, en particulier pendant les campagnes de guerre de Nabuchodonosor II. L'un de ces types de flèche était fréquent dans l'armée babylonienne dès la fondation de l'empire et on en retrouve sur des sites détruits par les Babyloniens en Assyrie et en Syrie. Il se pourrait que les Babyloniens l'aient adopté des armées madianites ou de leurs alliés scythes, ou bien qu'il ait été utilisé par des mercenaires venant de ces régions. Un autre type n'est apparu dans l'armée babylonienne qu'après la stabilisation de l'empire, et caractérise les campagnes de guerre babyloniennes qui ont ravagé la région, détruisant entre autre les principales villes de Judée, dont Jérusalem. Il est possible que le développement de ce type de pointe de flèche et son utilisation intensive ait aidé les forces de Nabucchodonosor à vaincre leurs ennemis. On retrouve également de telles pointes de flèches sur le site de l’important centre administratif de Ramat Rachel, témoignant clairement de la présence de l'armée babylonienne sur place.

guy stiebelLa plupart des pointes retrouvées datent des périodes perse et hellénistique. Des armes similaires ont également été retrouvées dans les capitales des provinces perses importantes et sur les grands sites des guerres perses et grecques. L'utilisation de ces types de flèche a continué pendant la période hellénistique, et certains d'entre eux ont même été utilisés au début de la période romaine, les archers orientaux étant connus comme les meilleurs même dans les rangs de l'armée romaine.

L’étude s'intègre dans le cadre d’un nouveau programme de deuxième cycle en archéologie et histoire d'Israël, intitulé «Les multiples visages de la guerre» : histoire et archéologie de la guerre en Eretz Israel, un programme interdisciplinaire d'enseignement et de recherche consacré au phénomène à la fois le plus ancien et le plus actuel de l'histoire.

 

Photos:

1. Pointes de flèches scytho-iraniennes (Crédit: Institute of Archeology - Tel-Aviv University)

2. Le Prof. Oded Lipschits (Crédit Tel Aviv University)

3. Le Dr. Guy Stiebel (Crédit: Tel-Aviv University)

 

FONDS DE SOUTIEN D’URGENCE


Créé par l'Université de Tel-Aviv pour ses étudiants

Touchés de plein fouet par la crise économique due au Covid19, des milliers d’étudiants ont perdu leur emploi et ne peuvent plus subvenir à leurs besoins.

Pour les aider, contactez-nous : 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Tél. : 01 40 18 07 ou en Israël : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Tél. : 03 640 67 80

j'aime:

Les olives ont été domestiquées pour la première fois il y a 7 000 ans en Israël, d’après une étude de l’Université de Tel-Aviv

Selon une étude internationale réalisée sous la direction du Dr. Dafna Langgut, du laboratoire d’archéo-botanique de l’Université de Tel-Aviv, les hommes ont pour la première fois cultivé l’olivier il y a environ 6 500 à 7 000 ans sur les collines de Galilée dans le nord d’Israël. Selon les chercheurs, l’étude, menée à partir du pollen fossile retrouvé sur tout le pourtour de la Méditerranée, pourra également conduire à découvrir des variétés plus résistantes aux parasites, aux maladies et, éventuellement, au changement climatique.

dafna langgut oliviersElle a été publiée dans la revue Holocene

L’olive, et en particulier l'huile d'olive constituaient un élément de base des économies des anciennes cultures du bassin méditerranéen : l'huile était utilisée pour la cuisine, l'éclairage et à des fins médicinales et rituelles. Mais jusqu'à présent, il n’existait pas de consensus entre les chercheurs quant au lieu et la date où la plante a été domestiquée pour la première fois. On estimait globalement que le passage à la culture de l’olivier se situait il y a 4 000 à 6 000, dans une des régions de la Méditerranée orientale ou centrale.

Des sédiments au fond du Lac de Tibériade et de la Mer Morte

Pour tenter de résoudre cette énigme, le Dr. Dafna Langgut et ses collègues ont eu l'idée d'analyser des échantillons de pollen fossilisé sur tout le pourtour de la Méditerranée dans le but de repérer une augmentation significative du pollen de l'olivier dans la flore de chaque région. En particulier, les chercheurs ont recherché des pics dans la production du pollen d'olivier qui ne seraient pas liés à une présence accrue du pollen de plantes ayant des besoins similaires, comme le chêne et le pistachier, qui auraient pu également bénéficier d'une amélioration des conditions environnementales, ceci pour identifier une augmentation qui ne pourrait s'expliquer que par une intervention humaine dans la culture à long terme de l’arbre. Ils ont également corrélé ces données sur le pollen avec les découvertes archéologiques dans chaque région afin de cartographier la propagation de la culture de l'olivier à travers la Méditerranée.

Dafna Langgut1"La palynologie, ou étude des pollens antiques, a fait de grands progrès ces dernières années, fournissant une quantité d’informations aussi bien sur la production agricole des peuples anciens que sur les effets des catastrophes environnementales survenues il y a des millénaires”, explique le Dr. Langgut. Pour ce type d'études, les chercheurs analysent des sédiments extraits du fond des lacs, des marécages ou d'autres plans d'eau stagnante. En effet, le pollen végétal, transporté par les vents, parcourt parfois des dizaines de kilomètres avant de se déposer à la surface d'un lac et de couler au fond. Là, les graines microscopiques, rapidement recouvertes de limon, sont prises au piège dans un environnement anaérobie et peuvent se conserver pendant des milliers d'années, permettant aux spécialistes de reconstituer un tableau de la végétation existant à différentes périodes.

Des preuves archéologiques

Pour cette étude, les chercheurs ont étudié 23 relevés de pollen de toute la Méditerranée couvrant l'ensemble de l'Holocène, l'ère géologique actuelle, qui a commencé il y a plus de 11 000 ans. Ils ont constaté la présence stable d’un petit pourcentage de pollen d'olivier à travers la Méditerranée tout au long de la période, attribuable aux oliviers sauvages, originaires de la région. Cependant, les chercheurs ont identifié un pic massif de pollen d'olivier, non corrélé à la croissance de la végétation aux exigences similaires, il y a environ 7 000 ans dans la Mer de Galilée (le Lac de Tibériade), puis il y a environ 6 500 ans dans la Mer Morte.

Dafna langgut carte"Il y a 7 300 ans, seulement 3,5% du pollen tombé dans la mer de Galilée provenait d'oliviers”, commente le Dr. Langgut. "Il y a 6900 ans, il dépassait 17%. Cela signifie que la culture à grande échelle des oliviers a commencé à proximité du lac, dans un rayon maximum de 50 kilomètres, ce qui feraient des collines de Galilée, des hauteurs du Golan, ou des hauts plateaux de Judée et de Samarie les lieux possibles de l’apparition des premiers oliviers domestiques".

"En fait parmi ces régions, la Galilée est particulièrement riche en découvertes archéologiques qui la désignent comme une zone où la consommation d'olives et la production d'huile ont commencé très tôt. Il existe même des preuves d'une telle activité antérieures de quelques siècles à la datation donnée par l’analyse du pollen".

Les archéologues ont effectivement retrouvé des noyaux d'oliviers broyés vieux de 7 600 ans dans le village néolithique Hurvat Castra, à proximité de la ville de Haïfa. Par ailleurs, l'analyse de résidus de récipients en argile retrouvés à Ein Zippori, site des périodes néolithique et chalcolithique situé en Basse-Galilée, a révélé des traces d'huile d'olive, datées environ de 7 000 à 8 000 ans.

Le passage vers une société organisée

"Ces premiers échantillons d'huile d'olive ont probablement été produits à partir de fruits d'arbres sauvages", explique le Dr. Langgut. "A cette phase, les agriculteurs n'avaient pas encore maîtrisé la culture de l’olivier, mais ils ‘géraient’ probablement les arbres sauvages en élaguant leurs branches pour augmenter leur rendement. Bien que les olives sauvages soient petites et amères, on peut en produire de l'huile, et il est logique que les humains l'aient compris avant de domestiquer la plante, en raison de la complexité du processus".

"Domestiquer un arbre fruitier est un investissement énorme. Contrairement aux céréales, qui mûrissent en quelques mois, il faut environ quatre ou cinq ans à un olivier pour porter des fruits, et seulement alors il est possible de commencer à sélectionner et à croiser les plantes pour améliorer les rendements ou la qualité des fruits. Les hommes de cette époque devaient donc savoir avec certitude qu'il y avait quelque chose d'utile dans cette entreprise avant de se lancer dedans".

Dafna langgut polenSelon la chercheuse, le début de la culture de l'olivier dans le sud du Levant met en évidence la transition de la fin de la période du néolithique au début de celle du chalcolithique, ou âge du cuivre. Bien que l'urbanisation a encore été longue à venir, les agriculteurs avaient déjà créé des sociétés plus complexes, allant au-delà de la simple subsistance pour produire des denrées de base susceptibles de stimuler le commerce et générer la prospérité.

"Cela montre que ces sociétés disposaient du surplus agricole qui leur permettait d'investir dans la culture de l'olivier, ainsi qu’un système foncier suffisant pour que les gens puissent transmettre la propriété des vergers sur lesquels ils travaillaient pendant la majeure partie de leur vie à la prochaine génération", suppose la chercheuse.

La propagation à travers le Bassin méditerranéen

L’étude suit également la propagation de la culture de l'olivier en dehors de la région du sud du Levant, sur la base de données collectées par des scientifiques de huit pays.

La deuxième zone où l'arbre a été cultivé à grande échelle était en Crète et les îles de la mer Égée il y a entre 6 000 et 5 500 ans. La culture de l'olivier a atteint la Syrie il y a environ 4800 ans, puis la Turquie il y a 3200 ans. Elle s’est propagée en Italie il y a environ 3 400 ans, puis vers la péninsule ibérique il y a environ 2 500 ans, voyageant probablement avec les conquérants grecs et phéniciens. Depuis lors, l'huile d'olive a continué de jouer un rôle central dans les cultures méditerranéennes.

Selon les chercheurs, déterminer le lieu de la domestication d’une culture, non seulement apporte des informations sur l'histoire humaine et le développement des premières sociétés sédentaires, mais peut également avoir des implications pour l'agriculture moderne. En effet, la plupart des espèces, y compris les humains, font preuve d’une plus grande diversité génétique dans la zone où elles ont évolué pour la première fois. Ainsi, localiser l’endroit où l’homme a commencé à manipuler les plantes sauvages peut également conduire à découvrir des variétés plus résistantes aux parasites, aux maladies et, éventuellement, au changement climatique.

 

Photos :

1. Anciens oliviers au pied du Mont du Temple à Jérusalem (Crédit: Université de Tel-Aviv)

2. Le Dr. Dafna Langgut (Crédit: Universitéé de Tel-Aviv) 

3. Carte de la propagation de la culture de l’olivier sur le pourtour de la Méditerranée (BP=before present) (Crédit : Dafna Langgut / Google Earth)

4. a, b : grains de pollen d’olivier fossilisés. c : noyau d’olive trouvé sur le site néolithique de Kfar Samir. d, e : images au microscope de charbon de bois d’olivier. (Crédit : Dafna Langgut / Musée Steinhardt d’histoire naturelle).

j'aime:

On traitait déjà les fractures il y a 35 000 ans, d’après les archéologues de l’Université de Tel-Aviv

Une étude menée par un groupe de chercheurs du Département d’anatomie et d’anthropologie de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv, sous la direction du Prof. Israël Hershkovitz et du Dr. Hila May, sur les os du pied d’un adolescent qui avait subi une fracture grave il y a 35 000 ans, révèle que ce jeune a reçu des soins lui permettant non seulement de survivre, mais aussi de se remettre de sa blessure. Selon les chercheurs, cette propension des premiers hommes à soutenir les membres affaiblis de leur communauté est probablement la principale raison de la survie de ces groupes, et s'est finalement avérée être la clé du succès de notre espèce.

L’étude a été récemment publiée dans le Journal of Human Evolution.

Manot footLes archéologues travaillant sur le chantier de fouilles de la grotte de Manot en Galilée occidentale, qui a déjà livré des trésors de vestiges paléolithiques, ont découvert les restes des ossements du pied d’un jeune adulte, datant de 36 000 à 38 000 ans, portant les signes d’une fracture grave remarquablement bien ressoudée.

"Nous avons retrouvé ces ossements au cours de plusieurs saisons de fouilles consécutives entre 2014 et 2017", explique le Dr. Hila May du Département d’anatomie et anthropologie de la Faculté de médecine et du Centre Dan David pour l’étude de l’évolution humaine et la recherche biohistorique de l'Université de Tel- Aviv. "Mais nous sommes arrivés à la conclusion qu'ils appartenaient à la même personne, à la fois parce qu'ils ont été retrouvés dans la même couche archéologique et à proximité les uns des autres, et parce qu'ils s'imbriquaient parfaitement entre eux".

Solidarité sociale préhistorique

En examinant les ossements, les chercheurs ont pu constater les marques révélatrices d’une fracture cicatrisée dans le deuxième os du métatarse, ensemble de cinq os longs situés au milieu du pied, survenue longtemps auparavant dans la vie de cette personne. "La personne est décédée jeune, mais des années plus tard, et de causes inconnues mais qui n’avaient probablement rien à voir", explique le Dr. May. "La fracture s'est probablement produite dans l'enfance à la suite d'une chute ou de celle d’un objet sur son pied".

Manot foot 2Les examens au scanner de l'os ont confirmé l'hypothèse et permis d’identifier une fracture dans laquelle le métatarse était disloqué de l'os du tarse adjacent. "Ce type de blessure est encore courant aujourd'hui, en particulier chez les athlètes et les enfants. Même à présent, une fracture de ce type peut nécessiter une intervention chirurgicale, ou au moins le port d’un plâtre pendant 6 à 12 semaines avant que le patient puisse reprendre une activité normale", explique le Dr. May.

"Bien que l'adolescent blessé ait pu se déplacer à l'aide d'un bâton lui servant de béquille de fortune, il aurait été incapable de s'appuyer sur son pied à cause de la douleur et a donc été complètement dépendant du reste du groupe pendant un certain temps", explique le Prof. Hershkovitz. "Cela signifie que la société disposait de suffisamment de ressources pour soutenir les personnes handicapées, temporairement ou définitivement. Nous ne savons pas grand-chose sur le fonctionnement des sociétés préhistoriques, et ces découvertes nous ouvrent une fenêtre sur leurs mécanismes de soutien et de solidarité sociale".

Des connaissances médicales de base

Les chercheurs estiment même que le corps a été placé dans la grotte exprès pour y être enterré, faisant potentiellement preuve de compassion non seulement pour les faibles, mais aussi pour les morts. "La présence de plusieurs artefacts tels que des outils en silex et des coquillages apportés d'ailleurs peut suggérer que nous sommes en présence d'un enterrement organisé".

israel Ershkovitz Profile"On peut également spéculer que les habitants de la grotte possédaient des connaissances médicales de base et aient su fixer une attelle pour le pied blessé, en utilisant un os ou un morceau de bois pour immobiliser le membre pendant un certain temps et favoriser la guérison. Sinon, la fracture n'aurait pas aussi bien guéri".

Les chercheurs pensent qu’il s’agissait du pied d’un garçon, sans cependant établir ce fait avec certitude, car ils n'ont pu en extraire l'ADN. "En Israël, l'ADN se détruit très rapidement à cause de la chaleur du climat. De plus, extraire l'ADN d'un os du pied est difficile, contrairement à d’autres parties du squelette où la matière osseuse est plus compact", explique le Dr. May.

Ils estiment cependant qu’il s’agissait d’un jeune de 15 à 20 ans, qui appartenait à un groupe de chasseurs-cueilleurs installé dans la région. "Nous savons qu'il y a environ 15 000 ans, l'espérance de vie moyenne des chasseurs-cueilleurs était d'environ 30 ans".

Une population hybride Homo Sapiens/ Néendertal

Selon la forme et la taille de l'os, le pied appartenait à un Homo Sapiens. Cependant, les chercheurs ont également pu y déceler certains traits néandertaliens. Ceci concorde avec les études antérieures d'autres restes humains trouvés à Manot, qui ont conclu que la grotte était habitée par une population hybride Sapiens-Néandertal. "Nous ne savons pas quel était le modèle de leur interaction, si les femmes se rendaient dans les groupes néandertaliens ou le contraire, mais nous savons que les humains modernes se sont croisés avec les Néandertaliens, contrairement à ce que l'on a pensé pendant de nombreuses années", a déclaré le Dr. May. "Le fait que nous ayons repéré des caractéristiques néandertaliennes dans les restes que nous avons trouvés dans la grotte de Manot signifie qu'ils s'accouplaient et qu’ils avaient des enfants ensemble, même s'ils avaient une morphologie différente. Nous savons que tous les homo sapiens qui ont quitté l'Afrique il y a environ 65 000 ans possédaient des gènes néandertaliens. Cela soulève une question très intéressante sur la façon dont nous définissons les espèces".

Hila May profile"Apparemment tous les humains d’aujourd’hui comportent encore un petit pourcentage d'ADN néandertalien, bien qu'en quantité beaucoup plus faible que nos lointains ancêtres de Manot", ajoute le Prof. Hershkovitz. "La composante génétique néandertalienne alors était beaucoup plus forte qu'aujourd'hui, mais ses éléments se sont lentement dilués dans le patrimoine génétique et ont pour la plupart disparu".

Le pied cassé guéri de la grotte de Manot n'est ni la première ni la plus ancienne preuve que nos ancêtres prenaient soin des malades et des handicapés. Des signes de compassion et de soutien altruiste ont été découverts non seulement chez les Homo sapiens mais aussi chez les Néandertaliens, qui semblaient capables de prendre soin même des personnes les plus gravement handicapées. Elle est quand même significative car nous disposons de très peu de connaissances sur ces groupes de chasseurs-cueilleurs, et surtout sur leur comportement social.

"Nous savons qu'ils vivaient en petits groupes, composés peut-être de quelques dizaines d'individus, se déplaçant en fonction des disponibilités alimentaires. En règle générale, les hommes partaient à la chasse tandis que les femmes s’occupaient de la cueillette, de la nourriture et des enfants", commente le Dr. May.

La découverte vient s’ajouter à la masse croissante de preuves qui montrent que les hominiens préhistoriques étaient tout sauf des brutes primitives. "Ils ne laissaient pas les personnes malades mourir quelque part, et prenaient soin de celles qui étaient plus faibles", explique le Prof. Hershkovitz. "En fait, la naissance de sociétés complexes qui ont amené les hominiens à coopérer sur des tâches difficiles et à se soutenir mutuellement lorsqu'un individu s’affaiblissait est probablement la principale raison de la survie de ces groupes, et s'est finalement avérée être la clé du succès de notre espèce".

 

Photos :

1. Grotte de Manot (la flèche indique l’endroit où le pied a été retrouvé. Crédit photo: Prof. Israel Hershkovitz)

2. Les os de l'étude (Crédit: Sarah Borgel)

j'aime:

Les archéologues de l'Université de Tel-Aviv découvrent un temple similaire au Temple de Salomon

Selon les archéologues de l'Université de Tel-Aviv, le temple découvert sur le site de Tel Moza, près de Jérusalem, fouillé sous la direction du Prof. Oded Lipschits et du doctorant Shua Kisilevitz du Département d'archéologie de l'université, est à bien des égards similaire au sanctuaire construit par le roi Salomon, décrit en détail au Chapitre 6 du Premier Livre des Rois, dont il est contemporain. Selon eux, les recherches sur le site sont susceptibles de contribuer grandement à la compréhension de la période du premier temple et à la comparaison des découvertes archéologiques avec le récit biblique.

Motza1L'article a été publié récemment dans la revue Biblical Archaeology Review.

"Les fouilles de Tel Motza ont commencé en 1993 sous la responsabilité de l'Autorité israélienne des antiquités, lors de la construction d'une nouvelle bretelle de sortie de l'autoroute n°1", explique Shua Kisilevitz. "Des fouilles supplémentaires ont été effectuées en 2002, 2003 et 2012-13. Elles ont mis au jour un site important, principalement de l'époque du Premier Temple (du 10e siècle au début du 6e siècle avant JC, période de l'âge du fer 2). Les vestiges témoignent de la présence d'un important centre économique et administratif dans la fertile vallée de Motza, avec des dizaines de silos et deux grands entrepôts de céréales. Au centre du site a été trouvé le complexe monumental d'un temple aux plans caractéristiques de ceux de l'orient antique. Entre autre, on a découvert un autel pour les sacrifices, une table pour déposer des offrandes et de nombreux objets de culte, comme des figurines en poterie de forme humaine et en forme de chevaux, ainsi qu'un grand piédestal de culte orné. Le temple de Motza est le seul complexe de ce type découvert à ce jour sur les territoires des royaumes de Juda et d'Israël. Son plan architectural et les décorations qui ornent les objets de culte sont similaires à ceux attribués au Temple de Salomon à Jérusalem, qui est décrit en détail au Chapitre 6 du Premier Livre des Rois".

Une découverte sans précédent

En mars 2019, suite à l'achèvement de la construction du pont menant à Jérusalem et au déblayage des remblais qui recouvraient le site, les archéologues sont revenus à Tel Motza, dorénavant chantier de fouilles de l'Université de Tel-Aviv. "Les fouilles de cette saison ont été très ciblées et avaient un double objectif", explique Kisilevitz. "Premièrement, continuer de mettre au jour la structure du temple, et deuxièmement, de faire progresser la compréhension du site en utilisant des technologies scientifiques avancées. Nous avons constaté que le bâtiment mesurait au moins 21 mètres de long et avons découvert sous la cour du temple des restes d'un autre bâtiment de culte, probablement du 10ème siècle avant JC".

Selon les chercheurs, le complexe avec ses différentes couches représente une découveMotza4rte sans précédent dans l'archéologie d'Israël: un complexe de bâtiments rituels érigés au début de l'âge du fer, y compris un temple qui a existé pendant la majeure partie de la période du Premier Temple, aux côtés du temple Salomon à Jérusalem. Par conséquent, le site contribue grandement à la compréhension de l'évolution du culte en Judée, ainsi que du processus de formation du Royaume de Juda.

Les chercheurs ont prélevés des échantillons de matériaux provenant des quatre strates exposées sur le côté est du temple et les ont fait analyser à l'aide de diverses technologies: OSL (méthode de datation des échantillons de sol), carbone 14 pour la datation des matériaux organiques, et des techniques de micro-archéologie utilisant des microscopes, des rayons infrarouges et d'autres appareils scientifiques pour révéler ce qui échappe à l'œil nu. "Les résultats des tests donneront de nombreuses informations sur le temple", explique Kisilevitz. "Entre autres, nous espérons qu'ils nous aideront à déterminer les dates des différentes strates, à vérifier si la structure a été abandonnée à moment donné, et à reconstituer la nature des activités qui ont eu lieu dans la cour du temple, où se déroulait la plus grande partie du rite. Par contre, le bâtiment lui-même n'était accessible qu'aux prêtres, aussi nous espérons que de nouvelles fouilles dans cette zone révéleront encore d'autres objets de culte".

Un autre temple en Judée

"Les découvertes des fouilles de Tel Motza, passées, présentes et futures, sont d'une grande importance pour comprendre la période du Premier Temple et comparer les découvertes archéologiques avec la Bible", conclut le Prof. Lipschits. "L'existence même d'un temple similaire au temple de Salomon à quelques kilomètres de Jérusalem soulève de nombreuses questions, car le texte biblique est rempli du récit des luttes avec les lieux de culte en dehors de Jérusalem, et déclare même explicitement que le Dieu d'Israël ne devrait être adoré que dans le temple de Jérusalem. De plus, les livres des Rois 2 et Chroniques 2 nous parlent de deux réformes religieuses qui s'attaquent justement à cette question: la réforme du roi Ézéchias à la fin du 8ème siècle avant JC et celle plus radicale du roi Josias, qui a détruit tous les lieux de culte en dehors de Jérusalem à la fin du Motza27ème siècle. Nous espérons que nos découvertes nous aideront à répondre à une série de questions intrigantes: qui a érigé le temple de Motza et quand? Quels rituels s'y sont déroulés ? Quelle était la relation entre la communauté du temple de Motza et celle du temple de Jérusalem? Les prêtres du temple de Motza ont-ils à un moment donné accepté la suprématie des prêtres et des dirigeants du temple de Jérusalem, et si oui, quand cela s'est-il produit? Le temple de Motza a-t-il survécu aux réformes religieuses d'Ézéchias et de Josias, et a-t-il continué d'exister jusqu'à la destruction du royaume de Juda par les Babyloniens en 586 avant JC?".

Deux saisons de fouilles supplémentaires sont prévues à Tel Motza, au printemps 2020 et au printemps 2021, avec la participation d'étudiants et de chercheurs israéliens et du monde entier, en particulier d'Allemagne, de République tchèque et des États-Unis. Les chercheurs sont convaincus que de nombreuses découvertes passionnantes les attendent encore sur ce site unique qui n'arrête pas de surprendre ...

 

Photos:

1. Photographie aérienne du temple à la fin de la saison des fouilles en 2013 (Crédit: Skyview, IAA)

2. Tête d'une figurine humaine (Crédit: C. Amit, IAA)

3. Figurine de cheval (Crédit: C. Amit, IAA)

 

j'aime:

Page 1 sur 12