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Gideon Raff, cocréateur de Homeland à un webinaire de l’Université de Tel-Aviv : « Rien n’est plus précieux que la vie »

Gideon (Gidi) Raff, créateur des séries « Hatufim » (« Prisonniers de guerre »), « The Spy », « The Tyrant », et producteur exécutif de la série télévisée américaine «Homeland», a participé le 20 juillet à un webinaire organisé par l'Université de Tel-Aviv et l'Assocation de ses anciens étudiants. Diplômé de l'Ecole de Film et Télévision Steve Tisch de l'UTA, le réalisateur et scénariste, parvenu à une renommée internationale et lauréat du prix Emmy, était interviewé par le producteur américain Adam Mirels.

Raff cover« En ces temps de corona, l'Université de Tel-Aviv est heureuse de pouvoir poursuivre sa série d'entretiens avec des diplômés qui ont percé et constituent une source d'inspiration pour les générations futures », a déclaré en ouverture de la conférence Amos Elad, Vice-Président de l'université. Il a également présenté l'animateur du débat, Adam Mirels, fondateur de la société de production Entertainment 141. Diplômé de l'Université du Wisconsin-Madison et titulaire d'une maîtrise de la London Business School, Mirels cherche à fournir de nouvelles opportunités pour les créateurs des contenus originaux non conformes aux formats conventionnels. Ses films, Marjorie Prime et Ingrid Goes West ont obtenu trois nominations aux Independent Spirit Awards, où il a lui-même reçu le prix du meilleur premier long métrage.

Une occasion de se ressourcer

Réalisateur, scénariste et écrivain, Gideon "Gidi" Raff est le créateur de la série dramatique à suspense Hatufim (Prisonniers de guerre), qui a remporté 4 prix aux Oscars de la télévision israélienne en 2010, dont celui de la meilleure série dramatique et celui du meilleur réalisateur, et à partir de laquelle il a co-développé la série américaine Homeland sur Showtime. Celle-ci a remporté un total de six prix aux Emmys et deux Golden Globes en 2012, ainsi que trois Golden Globes en 2013. Outre la version anglaise, la série a été adaptée dans une vingtaine de pays, dont la Russie et l’Inde. En 2019, Raff a écrit et réalisé la mini-série The Spy sur la vie et la mort de l'espion israélien Eli Cohen, diffusée sur Canal + en France, et sur Netflix à l'international.

Mirels : Où vous trouvez-vous en ce moment ? Comment vivez-vous cette période?

Raff: Je suis à Tel-Aviv. Le covid-19 est une période étrange pour nous tous, et pour l'industrie du film et de la télévision également. Les tournages sont stoppés. Nous avons du nous arrêter au milieu de trois nouvelles productions. D'un autre côté, le fait d'être forcé de rester à la maison peut être positif pour les écrivains et les créateurs en général, car c’est une occasion de se ressourcer, de regarder à l’intérieur de soi-même et d’examiner ce à quoi nous nous connectons. Pour moi c’est l’opportunité de me concentrer sur la direction que je veux prendre par la suite. De plus, la pandémie ouvre des opportunités à l’imagination créatrice : à quoi ressemblera le monde post-covid-19 ? Quelles pourront être les histoires les plus intéressantes à raconter ?

Raff Mirels cropped

Mirels : Parlez-nous de vos débuts. Avez-vous toujours voulu faire du cinéma ?

Raff : J’ai toujours été un conteur d’histoires. J’écris depuis toujours, mais j’ai cherché le média par lequel je pouvais m’exprimer. Un jour j’ai compris que l’endroit où j’ai toujours été me réfugier était les salles de cinéma. Au début j’ai essayé d’être acteur, mais je me suis très rapidement rendu compte que je n’étais pas fait pour ça. En même temps ce n’était pas suffisant pour moi, j’avais besoin d’autre chose. J’ai donc décidé d’entreprendre des études de cinéma à l’Université de Tel-Aviv.

Mirels : A l’origine vous êtes de Jérusalem où il y a une célèbre école de cinéma. Pourquoi avoir choisi l’Université de Tel-Aviv ?

Vendu à la 20th Century Fox

Raff : D’abord parce qu’elle est à Tel-Aviv, ville très différente de Jérusalem, beaucoup plus libre et ouverte. Et puis l’Université de Tel-Aviv permet d’expérimenter toutes sortes de média, comme le cinéma documentaire, d’animation etc. et donc toutes sortes de manières de s’exprimer. De plus, elle possède beaucoup d’autres départements, où l’on peut également étudier, comme la psychologie, la sociologie, la littérature… C’est exactement ce que je voulais. J’ai été influencé par des professeurs exceptionnels, comme par exemple le Prof. Milek Knebel, aujourd’hui décédé. Et puis le cinéma est une communauté. A l’UTA vous faites la connaissance des personnes avec qui vous allez travailler par la suite.

Mirels : Comment est né Homeland ?

Raff : Après mes études, j’ai travaillé dans une startup dans l’informatique, comme c’est courant en Israël. J’ai été responsable de contenu pendant près d’un an, pendant la période de la « bulle Internet », et j’écrivais alors des chroniques dans le quotidien Ma'ariv, qui ont été rassemblées dans un livre. Puis j’ai déménagé à Los Angeles où j’ai étudié à l'American Film Institute. Mon court-métrage de fin d'études La Babysitter a été présenté en première au Festival Tribeca de New York, après quoi j’ai été embauché comme assistant-réalisateur dans le film Mr. et Mrs, Smith avec Brad Pitt et Angelina Jolie. Ensuite, j’ai fait mes débuts comme réalisateur. Entretemps j’ai rencontré à Los Angeles Avi Nir (PDG de la chaine de télévision israélienne Keshet) qui avait lu mon livre et m’a commandé une sitcom. Au lieu de ça je lui ai envoyé le script de Hatufim. Il s’est quand même enthousiasmé pour le scénario et m’a demandé de le traduire en anglais. C’est comme ça que les droits de développement d'une version américaine de la série Prisonniers de guerre ont été vendus à la 20th Century Fox avant même le début du tournage de la série originale.

Mirels : Et pour The Spy ?

MirelsRaff : The Spy était prévu à l’origine comme un long métrage, mais j’ai constaté que ce format ne lui convenait pas. C’est devenu une série télévisée de six épisodes d’une heure. Sacha Baron Cohen était mon premier choix pour ce rôle. J’ai été le lui proposer à Londres. Au début il a refusé. Par la suite je l’ai rencontré par hasard dans un restaurant à Los Angeles, et comme il était curieux de savoir qui avait obtenu le rôle, je lui ai répondu que s’il le voulait toujours, il était à lui. J’ai su de suite qu’il convenait parfaitement à ce rôle. Pour moi les thèmes essentiels de la série sont une question d’identité et un drame personnel. J’ai rencontré la veuve d’Eli Cohen et ses enfants. Comme pour Hatufim je me suis fait conseiller par des membres du Mossad. Puis bien sûr j’utilise mon imagination.

"Il y a toujours un mélange entre le dramatique et le comique"

Mirels : Comment avez-vous eu l’idée d’employer un acteur comique pour ce rôle dramatique ?

Raff : Dans Hatufim, j’ai fait juste l’inverse. Asi Cohen est l’un des meilleurs acteurs comiques israéliens, mais il a été tout de suite excellent dans un rôle dramatique. De la même manière que dans The Spy, Sacha Baron Cohen s’est immédiatement avéré incroyable dans un rôle dramatique. C’est une expérience extraordinaire que de voir cette transformation. Pour moi il y a toujours un mélange entre le dramatique et le comique. J’ai commencé ma carrière de réalisateur dans une comédie. J’y reviens toujours. Même dans Hatufim il y a des moments comiques ou ironiques.

Mirels : Comment se fait-il à votre avis que le public américain réserve un tel accueil aux séries israéliennes ?

Raff : Je pense que se sont des histoires locales qui ont une valeur universelle. Hatufim a été diffusé sur Netflix en version originale dans une vingtaine de pays dans monde. C’est une série locale qui a obtenu une audience internationale. En même temps, certains réalisateurs trouvent dans l’histoire une pertinence pour le cas de leur propre cas, et l’adaptent. Ainsi il y a également une version russe et même une version indienne très émouvante.

Enfin, dans son dernier film sorti l’an dernier sur Netflix The Red Sea Diving Resort, Gideon Raff raconte l’Odysée des Juifs d’Ethiopie, amenés en secret par le Mossad vers Israël dans les années 80 lors des opérations Moïse et Salomon. « L’épisode des Juifs éthiopiens est une véritable histoire de sionisme et d’héroïsme. Pour réaliser ce film, nous avons rencontré en Israël de nombreuses personnes de la communauté éthiopienne qui l’ont vécu étant enfants. J’ai aussi rencontré le chef du Mossad, ainsi que le commandant de l’opération. C’est une histoire à laquelle je n’ai pu résister, qui rappelle par certains côté Exodus, en tout cas pour la partie du sauvetage par la mer qui celle qui est racontée dans le film ».

Mirels : Vous passez votre temps entre Tel-Aviv et Los Angeles. Est-ce un avantage pour un réalisateur israélien ? Y a-t-il des différences culturelles dans la manière de travailler en Israêl et aux Etats-Unis ?

Raff : Aujourd’hui on n’a plus vraiment besoin de se déplacer physiquement, d’ailleurs la période du corona met ce phénomène en exergue, puisque tout le monde travaille par zoom. Quant au travail, il est très différent, principalement à cause de l’importance des budgets. Aux Etats-Unis on tourne épisode par épisode, alors qu’en Israël où les budgets sont beaucoup plus restreints, c’est plutôt comme un puzzle, on tourne sur le même ‘set’ toutes les scènes qui s’y déroulent. Par ailleurs les équipes israéliennes sont très professionnelles, mais aussi très passionnées. Chacun a son mot à dire, c’est comme une grande famille. Aux Etats-Unis il y a plus de distance, on tourne davantage dans le silence. Mais les deux sont fantastiques, et c’est toujours un travail d’équipe.

Mirels : Quel est votre conseil pour les étudiants ?

Raff : Vous devez écrire ce qui vous touche, quel que soit le nombre de personnes qui vous disent que cela ne va pas marcher. Percer sur le marché international n’est pas une fin en soi, le but est de raconter des histoires personnelles qui sont différentes.

Réalisateur internationalement reconnu, Gidi Raff végétarien et même végétalien et un militant en faveur des droits des animaux : « Je crois que l’exploitation effrénée de la nature se retourne toujours contre nous. On le voit bien dans le cas du réchauffement global. La nature est un bien précieux. Je pense que la vie est une, et que rien n’est plus précieux que la vie. Aimer les animaux, c’est la même chose que s’aimer soi-même ».

Raff n’a pas voulu s’étendre sur ses projets actuels, mais travaille sur plusieurs, plutôt dans le registre de la comédie.

 

Photos:

1. Gideon Raff pendant le webinaire.

2. Gideon Raff -à gauche) et Adam Mirels (à droite).

3. Adam Mirels.

 

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