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Avant-première mondiale de J'accuse pour les Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv

"J'accuse", film de Roman Polanski avec Jean Dujardin et Louis Garrel, a été projeté en avant-première mondiale pour les Amis francophones de l'Université de Tel-Aviv, lundi 11 novembre 2019 au Cinema City Glilot, au cours d'une soirée au profit des étudiants de l'université, en présence de l'Ambassadeur de France en Israël, Eric Danon, de l'attaché de coopération scientifique et universitaire Paul Furia, et de l'attachée audiovisuelle, Stéphanie Rabourdin. Le film a été présenté par le Prof. Elie Barnavi, conseiller auprès du Musée de l'Europe et ancien Ambassadeur d'Israël en France, et suivi d'un débat avec le Prof. Dina Porat sur le thème: "120 après, l'Affaire Dreyfus est-elle toujours pertinente ?".

Jaccuseeliambdina"L'Association est fière de vous présenter ce film, qui a remporté deux prix à la Mostra de Venise, dont le Lion d'Argent, et ne sera projeté à Paris que la semaine prochaine", a déclaré Agnès Goldman, directrice de l'Association des Amis francophones de l'UTA. Après avoir présenté l'Université de Tel-Aviv, première université de recherche d'Israël, et l'Association "pont culturel entre Israël et la France", elle a remercié le distributeur du film United King et son producteur, Ilan Goldman, et annoncé que la soirée va permettre de financer deux bourses et demie d'étudiants.

Le camp de la démocratie a gagné

Le Prof. Ruth Amossy a ensuite introduit le Prof. Elie Barnavi, professeur émérite de l'Université de Tel-Aviv, conseiller auprès du Musée européen de Bruxelles et Ambassadeur d'Israël en France entre 2000 et 2002, qui a présenté le film. "Il existe deux manières fondamentales de considérer l'Affaire Dreyfus", a-t-il déclaré. "La première et la plus courante est qu'elle dévoile les aspects les plus sombres de la France de la fin du 19e siècle: une armée veule, une presse immonde, un antisémitisme qui ronge les rouages de l'Etat et de la société. La seconde, à laquelle je souscris, est une vision plus optimiste: l'Affaire Dreyfus a dressé deux camps l'un contre l'autre, l'un conservateur, nationaliste, antisémite, et l'autre démocratique et lumineux qui l'a finalement emporté". Le Prof. Barnavi, rappelle que "L'Affaire" a renforcé Théodore Herzl dans sa conviction que les Juifs doivent posséder un Etat à eux face à une Europe antisémite, mais selon lui, le sionisme naissant a également été influencé par la vision optimiste, car : "le pays qu'Herzl et les fondateurs de l'Etat ont voulu créer était conforme aux idéaux de ce camp qui a gagné, basés sur la défense de la démocratie et des droits de l'homme. Ces gens qui ont quitté l'Europe ont voulu emporter avec eux sa meilleure part".

jaccusebarnaviLa projection a été suivie d'un débat avec le Prof. Dina Porat, Directrice du Centre Kantor de l'Université de Tel-Aviv pour l'étude du judaïsme contemporaine et historienne principale du Yad Vashem, qui, après avoir qualifié le film d'excellent, a détaillé cinq points qui a ses yeux, font qu'il est très pertinent aujourd'hui. Tout d'abord, il aborde le thème de la loyauté des Juifs envers le pays dans lequel ils vivent, toujours remise en question :"Récemment encore le Président Trump a posé la question de savoir si les Juifs américains sont plus loyaux à l'Amérique qu'à Israël, spécifiant qu'il les croyait d'avantage loyaux à Israël. Au Centre Kantor, nous publions chaque année un rapport sur l'antisémitisme dans le monde, et nous savons que cette remise en cause existe aujourd'hui". Par ailleurs, de nos jours, les Juifs sont plus actifs qu'ils ne l'étaient à l'époque de Dreyfus et ne se taisent plus. Ils quittent la France, la Suède, l'Irlande, l'Amérique du sud etc. "Contrairement à ce qui s'est passé à l'époque de Dreyfus, aujourd'hui les Juifs luttent activement contre l'antisémitisme, et partent".

L'importance d'une justice indépendante

Le troisième point mis en valeur par le Prof. Porat est la responsabilité des intellectuels, incarnée par Emile Zola, condamné à un an de prison pour son intervention, et qui a dû s'enfuir en Grande-Bretagne à une incarcération. "Zola est un intellectuel qui a pris sa responsabilité. Aujourd'hui, les intellectuels doivent également avoir le courage de parler haut et fort contre l'antisémitisme, et lutter comme Zola l'a fait. Se comporter autrement reviendrait pour eux à un abandon de leur responsabilité".

jaccusepublicLe Prof. Porat a également évoqué le déchirement de la société française de l'époque en deux camps, d'une part les Dreyfusards, intellectuels et libéraux, de l'autre l'armée et le gouvernement. "Aujourd'hui, en particulier dans les pays démocratiques, il arrive souvent que les sociétés se divisent et se polarisent en deux groupes, comme c'est le cas actuellement aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne au sujet du Brexit. C'est là que le pouvoir judiciaire doit remplir son rôle, pour que les divisions de la société puissent s'exprimer sans en arriver à la violence, qui est la fin de la démocratie. Le cas Dreyfus montre l'importance d'une justice indépendante, qui fonctionne selon des valeurs, contrairement au pouvoir judicaire de l'époque qui obéissait au gouvernement et à ses ministres".

Enfin, elle conclut sur l'importance pour les Juifs de lutter pour l'ensemble des minorités: "Le respect des minorités est un éléments essentiel de la démocratie, et l'on a vu les graves conséquences que sa négation présente pour les Juifs. C'est pourquoi ceux-ci doivent lutter non seulement pour leurs droits propres, mais aussi pour ceux de toutes les minorités. C'est la leçon de ce film".

 

Photos:

1. De gauche à droite: le Prof. Elie Barnavi, l'Ambassadeur de France en Israêl,  Eric Danon et le Prof. Dina Porat (Crédit: Agnès Goldman).

2.  Le Prof. Elie Barnavi (Crédit: Noa Sitbon).

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