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L’Association des Amis francophones de l’Université de Tel-Aviv se dote d’un Président

Philippe Guez, ancien Gérant de la Banque Rothschild & Cie et ancien Directeur Général de Deutsche Bank France, vient d’être nommé Président de l’Association francophone des Amis de l’Université de Tel-Aviv, établie en Israël depuis novembre 2015. Sa riche expérience professionnelle lui permettra d’insuffler un nouveau dynamisme à l’association.

Phillipe guezL’Association francophone des Amis de l’Université de Tel-Aviv a été mise en place en novembre 2015 par Agnès Goldman, sa déléguée générale, suite à la forte vague d’immigration en provenance de pays francophones qui s’est développée ces dernières années en Israël. Siégeant à l’Université de Tel-Aviv, elle est venue s’ajouter à l’AFAUTA, association d’amis de l’Université déjà ancienne établie à Paris, sous la présidence de François Heilbronn et animée par sa déléguée générale Danielle Schemoul. Les deux associations travaillent en étroite collaboration et ont même organisé de nombreux événements par Zoom depuis le début de la pandémie.

Depuis sa création, l’Association francophone a organisé de nombreux événements culturels de haut niveau. Maintenant bien établie en Israël, elle se dote à présent d’un Président, à l’instar de l’association française à Paris, président qui travaillera à la développer en collaboration avec sa déléguée générale Agnès Goldman.

Philippe Guez a vécu une première fois en Israël entre 1979 et 1986, où il a obtenu un BA en économie, une Maîtrise en comptabilité et en MBA en Finances à l’Université Hébraïque de Jérusalem.

 A son retour en France, il a démarré une brillante carrière dans le domaine de la finance, occupant notamment les postes de DG de Deutsche Bank France, puis de Gérant de la Banque Rothschild & Cie et son Vice-Président pour Israël. Il a été impliqué dans des centaines de transactions sur le marché des capitaux et d’opérations de fusions-acquisitions transfrontalières en Europe et en Israël, et a en particulier dirigé la collecte des fonds d’actions et obligations de Teva aux États-Unis et de nombreuses grandes opérations d'introduction en bourse en Europe. En 2017, il fonde Guez Partners, société de conseil en transactions transfrontalières liées à Israël. Il est Président du conseil de chefs d’entreprises France-Israël du MEDEF international et membre du conseil de la Chambre de commerce franco-israélienne (CCFI).

Philippe Guez a récemment fait son alya en Israël, et l’Association francophone est fière et heureuse de l’accueillir.

 

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Les nouvelles perspectives de la politique israélienne – webinaire avec l’Ambassadeur d’Israël en France par intérim, Daniel Saada, à l’Université de Tel-Aviv

« Ce n’est pas un miracle, mais du discernement et de la clairvoyance » : tel a été le fil conducteur selon lequel Daniel Saada, Ambassadeur par intérim d’Israël en France et chargé d’affaires a présenté les nouvelles perspectives de la politique de l’Etat d’Israël ainsi que les raisons du succès de sa campagne de vaccination contre le coronavirus, lors d’un webinaire organisé conjointement par l’Association française et l’Association francophone de l’Université de Tel-Aviv le dimanche 17 janvier 2021. La conférence, animée par le Prof. François Heilbronn, Président de l’Association française de l’Université a été suivie d’une séance de questions/réponses au cours de laquelle l’Ambassadeur a répondu avec clarté et précision aux nombreuses interrogations du public.

Daniel Saada Zoom En ouverture de la conférence, le Prof. François Heilbronn a remercié les donateurs qui se sont manifestés généreusement à la suite du dernier webinaire pour aider les étudiants de l’UTA, frappés de plein fouet par la crise économique due au covid-19, et qui ne sont plus en mesure de poursuivre leurs études sans une aide financière d’urgence. « Les études dans les universités israéliennes sont payantes », rappelle-t-il. « Les frais de scolarité se montent de 2 500 à 3 000 dollars par an. Nous devons leur venir en aide. Cette année plus de 2 700 étudiants ont demandé des bourses, et un millier de demandes ont été rejetées. Avec 5 000 euros par an, montant d’une bourse, vous leur permettez à la fois de financer leurs frais de scolarité et de pouvoir vivre ».

"Ce qui fait la quintessence de l'Etat d'Israël, c'est que nous n'avons pas le choix:

nous devons prendre les bonnes décisions"

Le Prof. Heilbronn a ensuite présenté le conférencier. Né en 1963 à Paris, d’une famille originaire d’Algérie qui a fait son Alya à la fin des années 60, Daniel Saada a entamé sa carrière diplomatique en 1990 au Ministère israélien des Affaires étrangères après avoir obtenu un diplôme de troisième cycle en droit international. Attaché à la Délégation israélienne pour la Conférence de paix de Madrid en 1991, il a été nommé une première fois à Paris en novembre 1994 comme Premier Secrétaire d’Ambassade. Il a été par la suite porte-parole adjoint du Ministère israélien des Affaires étrangères, puis chargé d’affaires auprès de l’Ambassade d’Israël à Bruxelles. En 2004, il rentre à Jérusalem pour prendre la direction des Affaires africaines, puis assurera les fonctions d’Ambassadeur itinérant dans divers pays africain. En janvier 2010, il est nommé coordinateur diplomatique de la mission de sauvetage du gouvernement israélien à Haïti après le tremblement de terre. L’année suivante, alors qu’il assume l’intérim de l’Ambassadeur à Abidjan au moment de la crise en Côte d’Ivoire, il est blessé lors de l’évacuation d’urgence de l’Ambassade par les forces de l’ONU. A la suite de sa convalescence, il fait un passage dans le secteur privé avant de revenir aux Affaires étrangères en 2014 comme Directeur Général de la branche exécutive de Mashav, l’Agence israélienne d’aide au développement international. Enfin, à l’été 2017, il rejoint l’Ambassade d’Israël à Paris en tant que Ministre délégué permanent d’Israël auprès de plusieurs organisations internationales environnementales et économiques. Il est depuis août 2019, Ministre plénipotentiaire de l’Ambassade d’Israël en France (Ambassadeur adjoint), et actuel Ambassadeur par intérim. Daniel Saada a été récompensé à trois reprises par le prix d’excellence de la fonction publique en Israël et est récipiendaire du Prix Spécial Diplomatique du Directeur Général des Affaires étrangères.

tel aviv« L’université de Tel-Aviv est un partenaire très important dans les relations bilatérales entre la France et Israël, notamment dans les coopérations dans le domaine de la recherche », a-t-il déclaré en introduction de sa conférence. « Le modèle de l’Université de Tel-Aviv, pratiquement unique en Israël et dans le monde, qui s’exprime par sa capacité de créer des ponts entre l’académie et le monde de l’industrie, notamment par l’intermédiaire des incubateurs de startups, intéresse beaucoup le gouvernement français, y compris le Président de la République qui se souvient encore de sa visite à l’UTA lorsqu’il était Ministre de l’économie ».

Daniel Saada aborde tout d’abord la crise du coronavirus et le succès de la campagne actuelle de vaccination en Israël. « On dit qu’il y a beaucoup de miracles en Israël, mais ce qui se passe en ce moment n’est pas un miracle. La campagne de vaccination suscite en France une couverture de presse dithyrambique sur Israël qui n’avait pas eu son équivalent depuis les accords d’Oslo. Les médias parlent de la « leçon israélienne », du « modèle israélien » etc. Nous espérons atteindre l’immunité collective à la fin du mois de mars, à l’approche des fêtes de Pessah. Près de 25% de la population israélienne, donc un quart des Israéliens, est actuellement vaccinée contre le coronavirus, soit 80% des plus de 80 ans, 84% des plus de 70 ans et 74% des plus de 60 ans. La vaccination, qui a été ouverte progressivement, d’abord aux plus de 60 ans, puis aux plus de 50, est actuellement[1] ouverte aux plus de 40 ans. Cette campagne qui suscite l’admiration du monde entier est le résultat de ce qui fait, je crois, la quintessence de l’histoire d’Israël : c’est que nous n’avons pas le choix. Nous devons prendre les bonnes décisions ».

Opération "Retour à la vie" 

L’Ambassadeur raconte que dès la fin du mois de mars 2020, soit à peine un mois et demi après le début de la crise, et alors qu’il n’y avait que quelques dizaines de morts en Israël, les ambassades israéliennes du monde entier ont reçu des instructions de leur gouvernement pour prendre contact avec les laboratoires qui développaient des vaccins sur le coronavirus. « Notre gouvernement, comme cela a été le cas à de nombreuses reprises depuis la création de l’Etat, a fait preuve de discernement, de perspicacité, de clairvoyance, de sagesse et de prévision. Dès le début, il a compris l’ampleur qu’allait prendre la crise, et qu’il n’y aurait pas d’autre solution pour résoudre le problème que celle de la vaccination. Il faut souligner qu’à ce moment-là les laboratoires n’en étaient qu’à la phase 2 des essais cliniques. Il a donc fallu beaucoup de courage politique pour prendre cette décision. Nous avons payé le vaccin plus de 40% au-dessus du prix annoncé au départ car nous avions la conviction qu’il s’agissait là d’une question existentielle. En France, lorsque le système de santé était proche de la saturation, les malades ont été transportés en Allemagne, au Luxembourg et en Suisse pour désengorger le système hospitalier. Nous n’avons pas ce luxe ».

closedLa campagne, qui a été menée comme une opération militaire, a même reçu un nom de combat : « Hozrim la Haim », Retour à la vie. « Pour nous c’était une question existentielle. Il s’agissait de retourner le plus vite possible à la routine normale. Début mars, nous étions un des rares pays de l’OCDE dans une situation de plein emploi. En un mois nous nous sommes retrouvés avec un million de chômeurs. C’est quelque chose d’absolument épouvantable pour notre société. Il ne s’agit donc pas d’un miracle mais bien d’une volonté politique, c’est un véritable effort national qui a été lancé pour atteindre l’immunité collective. L’opération, qui a été rendue possible grâce à l’héritage travailliste des caisses d’assurance maladie (Koupot Holim), a été menée avec toutes les ressources de l’Etat d’Israël, y compris dans le domaine de l’innovation : traçage des téléphones portables, exploitation de tous les moyens de communications virtuels etc. La perspicacité et le discernement avec lesquels ont été traité cette crise peut servir de fil conducteur pour toutes les autres perspectives liées à la politique étrangère d’Israël ».

Israël n'est pas l'ennemi du monde arabe

Le conférencier aborde ensuite la question iranienne, rappelant que depuis plus de 15 ans au moins les divers gouvernements israéliens se battent pour convaincre leurs partenaires européens que le principal objectif de l’Iran est de se doter de l’arme nucléaire. « Les ressources gazières et pétrolières dont dispose ce pays ne justifient en rien les investissements faits par lui pour se lancer dans le nucléaire ‘civil’. Je suis heureux de constater qu’aujourd’hui la France le reconnait clairement, de même qu’elle a pris conscience de la capacité de déstabilisation régionale de l’Iran. Depuis 15 ans nous faisons preuve de ce même discernement, de cette même perspicacité qui nous a accompagné dans notre politique de vaccination de masse. Là également, il n’y a pas de miracle, mais de la clairvoyance, une volonté politique et surtout une action pour pouvoir affronter les défis auxquels nous sommes confrontés ».

SaadaMais l’emblème de ces nouvelles perspectives de la politique israélienne reste bien sûr les accords d’Abraham, récemment signés avec les Emirats, Bahreïn, puis avec le Soudan, de même que le rapprochement avec le Maroc. « Depuis les accords d’Oslo, aucun vent de paix et de normalisation n’avait soufflé au Proche-Orient », rappelle l’Ambassadeur. « Le point important de ces accords est qu’ils ont été signés sur la base d’une convergence d’intérêts, qui s’exprime d’ailleurs déjà sur le plan économique et commercial : en 4 mois, 1 200 sociétés israéliennes ont ouvert des filiales dans ces pays, 170 000 touristes israéliens se sont rendus à Dubaï, nous avons signé un accord postal avec les Emirats, des accords aériens avec le Maroc etc. Ce sont donc bel et bien des accords de coopération qui vont permettre une paix réelle entre les peuples et non pas seulement des accords politiques et diplomatiques. Ils concrétisent le message le plus important que nous voulons faire passer depuis tant d’années : Israël n’est pas l’ennemi du monde arabe. Nous n’avons aucun contentieux économique ou territorial avec ces pays. Israël est une réalité au Proche-Orient, peut apporter son expertise et son expérience à tous ses voisins proches ou lointains et peut s’intégrer régionalement. La véritable menace aujourd’hui au Proche-Orient, et ce depuis plus de 20 ans, ce n’est pas le conflit avec les Palestiniens, mais bien l’hégémonie iranienne et la tentative de déstabilisation permanente de l’Iran vis-à-vis de ses voisins. C’est cette nouvelle réalité qui a permis de débloquer la situation et de signer ces accords ».

La paix en échange de la paix

Enfin, dernier message important exprimé par la signature de ces accords de paix : Israël n’a pas eu besoin, comme on le pensait, de faire des concessions territoriales importantes vis-à-vis des Palestiniens pour y parvenir. « Les accords d’Abraham ont prouvé que l’on pouvait faire la paix en échange de la paix, formule dont la logique repose sur la nécessité de la coopération entre nos peuples et l’apport potentiel d’Israël aux autres pays de la région, qui réside dans sa capacité d’innovation technologique, de discernement et de réflexion avant l’action ».

LaboLe Q/R qui a suivi a porté sur le rôle des caisses de maladie communautaires (Koupat Holim) dans la campagne de vaccination, sur la question de la stabilité à long terme des accords récents signés avec les pays arabes, sur les conditions d’un accord avec l’Iran, l’influence possible du changement d’administration américaine, les relations avec Gaza, le Liban et l’Autorité palestinienne et le passeport vaccinal, ainsi que sur l’état des relations entre la France et Israël.

Le Prof. Heilbronn a également remercié la Banque Discount, sponsor de ces conférences, et sa représentante Rosy Azar.

 

Photos: Captures d'écran pendant la conférence par zoom.

 

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[1] Donnée réactualisée au 27 .1.21.

L'antisémitisme en France: Etat des lieux 2000-2020 - Webinaire du Prof. François Heilbronn à l’Université de Tel-Aviv

Le Prof. François Heilbronn, Président de l’Association française de l’Université de Tel-Aviv a tenu, le dimanche 10 janvier 2021, une conférence, brillante et édifiante, sur le thème : « L’antisémitisme en France : Etat des lieux 2000-2020. Espoirs et luttes des Français Juifs entre néofascisme, islam radical et gauches extrêmes », dans le cadre d’un webinaire organisé par l’Association française et l’Association francophone de l’Université, en partenariat avec Radio Shalom. Au cours de la conférence, animée par Pierre Gandus, rédacteur en chef de Radio Shalom, il a évoqué son combat incessant contre les antisémites et en faveur d’Israël en même temps que son amour pour la France.

Conf Francois CoverEn introduction de la conférence, le Prof. Ruth Amossy a remercié les organisateurs : Danielle Schemoul, déléguée générale de l’Association française, Agnès Goldman, directrice de l’Association francophone des amis de l’UTA située à Tel-Aviv, Ilana Papo, responsable des relations publiques de l’Université avec les pays francophones, ainsi que Marc Haddad, trésorier de l’Association française.

Le nouvel antisémitisme du début des années 2000

Pierre Gandus rappelle pour sa part que le partenariat entre l’Association et Radio Shalom a été mis en place il y a un peu plus d’un an, et que dans ce cadre, le Dr. Sivan Cohen-Wiesenfeld évoque tous les mardis à 18h15 au micro de Bernard Abouaf une découverte des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv, ces chroniques pouvant également être écoutées en podcast sur le site Radioshalom.fr ou sur les applications Apple ou Androïde de Radio Shalom.

« Si l’antisémitisme d’extrême droite n’a pas disparu, un nouvel antisémitisme est apparu depuis le début des années 2000, celui de l’islam radical, et d’une extrême-gauche en mal de combat idéologique », rappelle-t-il. « Les Français Juifs payent au prix de leur vie leur appartenance au peuple juif, qui reste encore source de tous les malheurs du monde, des tours jumelles au coronavirus. Cette double décennie ne nous aura rien épargné ».

Pierr GandusLe journaliste présente ensuite le Prof. François Heilbronn, Professeur des universités associé à Sciences Po Paris, Vice-Président de la Fondation-Mémorial de la Shoah, Président des amis français de l’université de Tel-Aviv et Vice-Président de son Conseil des Gouverneurs. Diplômé d’un MBA de l’université de Harvard, d’un Master d’Affaires Publiques de Sciences Po Paris, il est également officier de réserve parachutiste de l’armée française. Le Prof. Heilbronn publie régulièrement des articles dans la Règle du jeu, l’Arche, Actualité Juive, Tenoua et a une chronique bi-mensuelle sur Radio shalom les mercredis à 19h15 dans le journal de Pierre Gandus, qu’on peut également retrouver en podcast.

Le Prof. Heilbronn mentionne à son tour que but de ces conférences est de soutenir l’Université de Tel-Aviv et ses étudiants : « A la suite de la crise économique due au covid-19, les étudiants ont perdu leurs emplois temporaires et n’ont plus les moyens de financer leurs études. Il y a eu récemment 2 666 demandes de bourses, soit une augmentation de 30%, et près de 1000 d’entre elles ont été rejetées. Les dons des associations d’amis sont donc vitaux pour que ces étudiants puissent continuer leurs études. S’ils les arrêtent, c’est une perte pour Israël mais aussi pour l’humanité car Israël et l’UTA sont à la pointe des recherches dans le monde. Chaque année les Amis français de l’Université de Tel-Aviv récoltent plusieurs centaines de milliers d’euros pour ces bourses. L’an dernier nous avons pu en remettre 3000 ».

 12 Juifs assassinés en France en 15 ans parce que Juifs

« Pendant l’année 1990 on avait pu espérer sortir à la fois de l’antisémitisme classique et de celui lié à l’antisionisme au conflit du Proche-Orient ; mais à partir des années 2000 on a assisté à la fois à une succession d’actes violents et à une augmentation des actes de parole antisémite et de faits antisémites allant parfois jusqu’au meurtre sur le territoire français », a relevé le Prof. Heilbronn. « Il s’est passé quelque chose de nouveau dans l’antisémitisme en France : aujourd’hui trois formes d’antisémitisme, l’antisémitisme traditionnel d’extrême-droite, celui d’extrême-gauche et l’antisionisme, sont montées en puissance, se rejoignant souvent sur certains points ».

Francois heilbronn resizedLe Prof. Heilbronn commence par rendre hommage aux 12 Juifs assassinés en France car Juifs depuis Sébastien Sellam en 2003, puis Ilan Halimi, jusqu’à Mireille Knoll en 2018, et en particulier à Yohan Cohen, Yoav Hattab, Philippe Brahm et François-Michel Saada, assassiné tous les quatre il y a pratiquement six ans jour pour jour à l’Hyper casher de la Porte de Vincennes : « De 1945 à 2003, aucun Juif français n’avait été assassiné en France parce qu’il était juif. En quinze ans, dans des attentats et des attaques très différentes, 12 Juifs ont été assassinés en France », dit-il.

La première partie de la présentation a été consacrée à la présentation de statistiques concernant la violence contre les Français juifs. D’après les données du SPCJ (Service de Protection de la communauté Juive) et du Ministère de l’Intérieur, qui sont reprises dans le rapport annuel de l’antisémitisme dans le monde publié par le Centre Kantor de l’Université de Tel-Aviv, de 1998 à 2019, donc sur 20 ans, près de 12 000 actes antisémites ont été commis en France, soit une moyenne de 600 par an, contre une soixantaine dans les années 90, correspondant à une multiplication par 10. Deuxième constat : bien que les Juifs ne représentent que 1% de la population française, ils constituent la cible de 50% des actes racistes commis en France. Parmi l’ensemble des manifestations d’antisémitisme, les actions physiques violentes oscillent autour de 200 par an. 35% des actes antisémites sont concentrés géographiquement dans sept villes : Paris, Sarcelles, Créteil, Strasbourg, Avignon, Nice, Marseille. A Paris, contrairement à ce que l’on a l’habitude de penser, tous les arrondissements sont touchés.

Des préjugés tenaces

Selon l’enquête réalisée tous les quatre ans par l’Anti Defamation League aux Etats-Unis sur les préjugés antisémites dans 105 pays du monde, 26% de la population mondiale est antisémite (10% seulement aux Etats-Unis, mais 24% en moyenne en Europe occidentale, autour de 10% en Angleterre, 15% en Allemagne, 67% en Grèce, Iran 56%, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc dépassent les 80%).

dans le monde resizedToujours selon la même enquête, 31% des Français pensent que les Juifs parlent trop de la Shoah, 29% qu’ils ont trop de pouvoir dans le monde des affaires, 25% trop de pouvoir sur les marchés financiers, 22% qu’ils contrôlent les affaires du monde, 21% qu’ils contrôlent les médias et 5% qu’ils sont responsables de la plupart des guerres dans le monde. Les hommes sont plus antisémites que les femmes (18% contre 16%). 20% des antisémites ont plus de 50 ans, 45% sont de confession musulmane, 19% sont des chrétiens, et 11% non-croyants.

Par ailleurs, une étude réalisée en 2014 par le think tank français Fondapol, dirigé par le Prof. Dominique Reynié de Sciences Po, a donné des résultats équivalents. On peut y relever également que plus 16% des Français croient qu’il existe un complot juif mondial. En outre, d’après cette enquête, 21% des Français en 2014 étaient encore opposés à avoir un Président de la République juif (contre 50% en 1966), « alors qu’étonnamment seulement 8% s’opposent à avoir un médecin juif », relève le Prof. Heilbronn.

Un antisémitisme focalisé dans certaines populations

Selon le Prof. Heilbronn : « On peut considérer le pourcentage de l’opinion publique antisémite en France s’est stabilisé autour de 20 à 25% ». L’antisémitisme en France est principalement focalisé dans trois segments de la population : les musulmans, les électeurs du Rassemblement national (ex-Front national) et ceux de la France insoumise. « Dans le reste de la population, l’antisémitisme est assez marginal, de l’ordre de 10%, comme en Scandinavie ou en Angleterre, et c’est ce que nous vivons dans notre vie de tous les jours », explique le Prof. Heilbronn. 67% des Musulmans pensent que les Juifs ont trop de pouvoir dans l’économie et les finances, le pourcentage passant à 74% chez les croyants pratiquants, 51% considèrent que les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de la politique, donc un Français musulman sur deux. « Donc globalement un musulman sur deux en France a de forts préjugés antisémites, mais si on augmente le niveau de croyance et de pratique religieuse, on arrive à deux musulmans sur trois, voire trois sur quatre ».

PourcentqgesDe même 50% des électeurs du Front national véhiculent des préjugés antisémites très lourds, parfois davantage encore que les Musulmans sur certains points. Par exemple, l’idée selon laquelle les juifs utilisent aujourd’hui dans leur propre intérêt leur statut de victime du génocide nazi pendant la seconde guerre mondiale : « 35% des Français croient à cette baliverne, mais 70% au Front national. Dans la mesure où Marine Le Pen a obtenu 22% des voix aux dernières élections présidentielles, on peut estimer que 11% de l’antisémitisme en France est dû aux électeurs du Front national ». Quant à La France insoumise, un tiers véhiculent les mêmes clichés antisémites. De même les Gilets jaunes ont fait preuve très souvent de débordements antisémites. « D’après un sondage de Conspiracy Watch qui enquête sur le complotisme en France, 44% des Gilets jaunes considèrent qu’il existe un complot sioniste mondial. Par contre, dans les autre partis, ces pourcentages redescendent, à 11% pour le Parti socialiste et à 9% pour l’ex-UMP ».

Inquiétudes et résistances des Français Juifs.

Le Prof. Heilbronn passe ensuite à la description des réactions des Français juifs à cette situation. « D’après une enquête IPSOS de 2015, deux Français juifs sur trois ont été confrontés à l’antisémitisme : près de la moitié des Français juifs déclarent avoir été personnellement victimes de remarques antisémites et un sur dix d’agressions antisémites. Une étude plus récente réalisée en 2020 le confirme : un Juif en France sur quatre a été victimes ces dernières années de violence physique, de vol dégradation de biens personnels (22%), de menace d’agression sur leur personne (22%). Ce sont des chiffres absolument terrifiants », constate-t-il.

PresseTous les Français juifs sont visés, mais en particuliers les jeunes et les plus pratiquants, les plus ‘visibles’ (portant barbe, kippa ou autre). De plus, 77% des Juifs considèrent que ce phénomène est en augmentation. Tout cela a entraîné une alyah importante. En 2015, selon l’enquête de l’IPSOS, 35% des Juifs français envisageaient d’immigrer en Israël, en raison de craintes sur la perception de leur avenir en tant que Juif en France, de l’accumulation des attentats et des meurtres dont ont été victime certains juifs (67% des motifs de départ éventuel pour Israël) et de la progression de l’islamisme radical (57%). Par contre « ceux qui n’envisagent pas cette option mettent en avant leur identité française », souligne le conférencier.

Quelles sont les réactions de la société française ? « Contrairement aux années 2000- 2005, où il y avait une omerta totale sur l’antisémitisme au sein des pouvoirs publics et de la presse, les grands journaux n’éludent plus la question de l’antisémitisme en France. De plus, ce qui est plutôt rassurant, 47% des Français pris dans leur ensemble considèrent qu’il y a beaucoup d’antisémitisme en France et que ce sentiment est en augmentation (52%) ».

Comment faire pour lutter contre l’antisémitisme en France ?

Pour lutter contre ce phénomène, le Prof. Heilbronn propose une série de solutions, dont certaines sont déjà mises en pratique :

- Organiser, informer, protéger

Le Service de Protection de la Communauté Juive, créé par le regretté Pierre Kauffman, assure la sécurité au quotidien de la population juive en France, alerte et engage des poursuites. « C’est un service absolument unique au monde », relève-t-il.

- Eduquer et former

Le Prof. Heilbronn souligne le rôle crucial du Mémorial de la Shoah, qui, en quinze ans, a accueilli plus de 3 000 000 de visiteurs, dont 800 000 scolaires, plus de 40 000 enseignants en formation et a organisé plus de 300 voyages à Auschwitz pour environ 35 000 élèves et professeurs. « Cela fonctionne », dit-il. « 30 000 professeurs d’histoire en France aujourd’hui ont été formés aux techniques d’enseignement pédagogique du Mémorial ».

- Mobiliser les pouvoirs publics, informer les médias

"La France est un beau pays et ne mérite pas les antisémites"

« C’est ce que font toutes les organisations juives, SPCJ, CRIF, Consistoire, Mémorial de la Shoah, auprès du Président, du Premier Ministre, des ministres, mais aussi auprès du Parquet et des juges. Au Mémorial de la Shoah, nous formons les policiers, les gendarmes, les juges, les avocats, et travaillons en étroite collaboration avec la Dilcrah, la Délégation interministérielle pour la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie. Il faut également informer les médias, faire des communications statistiques, payer des enquêtes, rassembler des groupes, des intellectuels, des réseaux sociaux. Puis, il faut mobiliser l’opinion publique, former les professeurs, éduquer dès le plus jeune âge contre les préjugés racistes et antisémites, manifester, utiliser les réseaux sociaux et les médias pour propager nos idées. Enfin, il faut encourager la solidarité avec les Français Juifs de tous les Français non-Juifs, car il s’agit d’un problème qui touche tous les Français et pas seulement les Juifs ».

Debat« La grandeur et la beauté de la France, c’est aussi son héritage bimillénaire de l’implication des Juifs français dans l’histoire de France », conclut le Prof. Heilbronn. « Sans les Juifs, comme l’a dit Manuel Valls, la France ne serait plus la France. Donc au combat les Amis, venez nous aider. C’est un combat difficile mais il en va aussi de l’avenir de la France ». « Je suis un patriote français, d’une vieille famille française de souche », a-t-il ajouté au cours du questions/réponses qui a suivi. « Je serai le dernier à partir, et je me battrai jusqu’au bout. Je suis Français avant tout, et je ferai tout pour que les antisémites reculent en France. La France est un beau pays et ne mérite pas les antisémites ».

Les questions des auditeurs ont porté notamment sur la possibilité de censurer les contenus antisémites sur les réseaux sociaux, l’éducation contre l’antisémitisme à l’école, l’antisionisme, l’influence de la crise du coronavirus sur le développement de l’antisémitisme, et l’antisémitisme de Marine Le Pen.

A la demande d’un auditeur, le Prof. Heilbronn précise le montant d’une bourse d’étudiant : « Tous les étudiants en Israël doivent payer les frais de scolarité qui sont de 2 500 dollars, et on considère que pour vraiment les aider, il faut ajouter à cela 3 000 dollars supplémentaires. Avec 5 000 euros vous pouvez sauver un étudiant ».

Enfin, il annonce la prochaine conférence conjointe des deux associations qui aura lieu dimanche 17 janvier à 17h (France), au cours de laquelle Daniel Saada, Ambassadeur par intérim d’Israël en France expliquera l’état des relations entre la France et Israël ainsi que la situation actuelle au Proche -Orient.

 

Photos: Captures d'écrans pendant le webinaire.

 

Voir l'intégralité de la conférence sur YouTube

 

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Webinaire sur l'islam politique radical à l'Université de Tel-Aviv

Une importante et riche conférence-zoom au cœur de l’actualité a été organisée le 22 novembre 2020 par l’Association française et l’Association francophone de l’Université de Tel-Aviv, au cours de laquelle le Prof. Stéphane Wahnich, membre du groupe de recherche ADARR (Argumentation, Analyse du Discours et Rhétorique) de l’UTA et Professeur associé de l’Université Paris-Est Créteil a présenté le statut particulier et effrayant des femmes et des Juifs dans le discours de l’islam politique radical. Le webinaire, qui a ouvert une fenêtre sur la tension actuelle incessante au sein du monde arabe musulman entre traditionalisme et modernité, était animée par Marc Haddad, trésorier de l’Association française.

Webinar Wahnich 2La conférence a été introduite par Agnès Goldman, déléguée générale de l’Association francophone de l’Université de Tel-Aviv en Israël, qui a rappelé qu’au cœur même de la pandémie, l’UTA continue d’assurer cours et conférences à distance pour ses étudiants tout en poursuivant sans relâche ses recherches dans tous les domaines de la science.

Revenir à un islam originel

« Nous avons besoin de votre soutien pour aider nos quelque 2 500 étudiants dans le besoin à la suite de la crise du corona », a souligné de son côté Marc Haddad, qui a rappelé que le financement d’un étudiant coûte entre 2 500 et 3 000 dollars. « Nous avons besoin de vos dons pour financer leurs bourses, ils sont l’avenir d’Israël ».

Marc Haddad a ensuite présenté le conférencier, le Prof. Stéphane Wahnich, spécialiste de communication politique et de l’analyse des discours politiques des extrêmes, notamment celui des leaders du Front National.

Avant d’aborder le thème des femmes et des Juifs, le Prof. Wahnich a commencé par une analyse des thèmes généraux de l’islam fondamentaliste.

Le discours de l’islam radical, a-t-il souligné, est un phénomène récent, remontant à environ dix à vingt ans, apparu dans le cadre d’un renouveau du radicalisme politique mondial. Loin d’être le fait, comme on le dit parfois, d’individus déséquilibrés, il possède sa logique politique propre, traduisant la volonté de revenir à un islam originel, qui serait le seul moyen pour les Musulmans de retrouver leur identité, leur pouvoir et leur fierté, face à la modernité et à la science qui entament les croyances religieuses. L’idée centrale est que, face au désordre du monde, l’islam est la religion qui devrait dominer, et la Sharia devenir la loi universelle.

Webinar Wahnich 3Selon les diatribes de cette mouvance politique, le véritable avenir des jeunes issus de l’immigration se trouve non pas dans le pays dans lequel ils vivent, ni même dans leur pays d’origine, mais dans la religion, car ils sont avant tout musulmans. « Une majorité des jeunes de moins de 25 ans musulmans de France croient plus dans la charia que dans les lois républicaines. Ce discours a donc un véritable écho », souligne le conférencier.

Selon lui, la phraséologie de ce discours de l’islam radical provient du Coran. « Contrairement à la Bible, le Coran n’est pas un texte chronologique », explique-t-il. « Les sourates, ou chapitres, sont classées de la plus grande à la plus petite. De plus, à l’intérieur de chaque sourate, on passe du coq à l’âne, d’un thème à un autre. Ce ‘désordre de Dieu’ créé un espace de liberté pour les hommes : analysant le texte, les érudits musulmans réorganisent la parole de dieu pour lui donner un sens ». L’islam radical exprime donc un choix politique qui privilégie certaines sourates reprises au pied de la lettre pour revenir à un ‘islam littéral’.

Une compréhension qui permet de justifier des actes terroristes

Pour ses recherches, le Prof. Wahnich utilise le corpus de l’association MEMRI, qui traduit en anglais et en français tous les discours publics publiés dans le monde arabe. Les principaux points qui ressortent de l’analyse de ce corpus sont :

Ces points communs avec les idéologies d’extrême-droite et d’extrême-gauche expliquent le fait que la condamnation de l’islam radical par ces courants est parfois modeste, souligne le Prof. Wahnich.

La critique de la modernité et liée à celle de la démocratie. « Aujourd’hui la véritable légitimité des gouvernements réside dans le peuple, qui remplace donc la légitimité de Dieu dans la définition de la loi, ce qui vient en contradiction totale avec l’islam radical, pour lequel, on n’a pas besoin des lois des hommes, car il suffit d’appliquer celle de dieu, la charia ». L’idée démocratique selon laquelle on doit élire des députés pour faire des lois est donc totalement en porte-à-faux avec l’idéologie de l’islam radical. Il en va de même pour la liberté d’expression, car selon cette idéologie, on n’a pas le droit de réfuter le discours de Dieu ni de critiquer le Prophète. Ainsi les critiques de la religion musulmane par Charlie Hebdo, par exemple, sont-elles complètement intolérables, totalement étrangères aux valeurs de l’islam.

Webinar Wahnich 1Autre élément très important de ce discours : la Loi du Talion, œil pour œil, dent pour dent, reprise de la Bible par la loi musulmane et impliquant la proportionnalité de la peine. « Cependant, il faut être victime pour pouvoir demander réparation. La position de victime est donc fondamentale pour pouvoir justifier religieusement les actes terroristes. Le 11 septembre, par exemple se justifie par la bataille contre les musulmans qui a lieu depuis le 17e siècle. Ce discours de victimisation rencontre en France la culpabilité catholique notamment via le colonialisme. Il se créé alors une sorte de résonnance qui justifie d’autant plus les actes de terrorisme auprès des musulmans religieux. Une partie des politiques français sont très compréhensifs par rapport à ce qui se passe aujourd’hui en France, et cette compréhension permet de justifier religieusement des actes terroristes ».

La femme: «l'ennemi de l'intérieur»

Le Prof. Wahnich passe par l’analyse des pronoms pour présenter le statut à part des Juifs et des femmes dans l’islam politique radical. Lorsqu’il s’agit des Chrétiens, les ‘Croisés’, le discours fait appel à l’opposition entre le ‘nous et le ‘vous’, c’est-à-dire à un échange entre deux groupes reconnus. Mais lorsqu’il s’agit des femmes ou des Juifs, le ‘nous’ s’oppose au ‘ils’ ou ‘elles’, indiquant qu’ils s’agit d’entités qui ne sont pas dignes d’une communication humaine égalitaire.

Pour l’islam radical, en effet, explique le Prof. Wahnich, la femme est « l’ennemi de l’intérieur ». « Il existe une dualité dangereuse entre la mère et la femme. La mère, l’épouse, qui reproduit le peuple musulman, est l’avenir de l’islam. La femme qui enfante possède donc un statut fort et protégé par le Coran. Par compte, la femme tentatrice n’a aucun droit. La femme doit contrôler sa nature. Si elle perd le sens du devoir, les hommes doivent intervenir pour contrôler ses pulsions et la maintenir dans le droit chemin. Si elle succombe elle doit être punie ». L’homme par compte, peut légitimement être tenté par la femme ; pour éviter cette tentation, la femme doit donc renoncer à sa liberté vestimentaire. C’est pourquoi l’habillement occidental est inacceptable dans ce cadre.

De même, la liberté politique est réservée aux hommes qui ne peuvent pas enfanter et n’ont donc pas de fonction naturelle. Le fait d’agir pour la cité est interdit aux femmes. La liberté de travailler devient également problématique pour les femmes, qui doivent rester à la maison pour éviter les tentations. L’égalité hommes/femmes est donc inexistante dans ce discours. « D’après le Coran (Sour. 2, verset 282) il faut deux témoignages de femmes pour un témoignage d’homme. De même pour l’héritage (Sour. 4, verset 2 : un fils recevra deux fois ce que reçoit une fille. Le Coran institue donc l’inégalité juridique des femmes ».

La réponse aux problèmes posés par la femme tentatrice, c’est l’enfermement de la femme à la maison (Sourate 4, verset 33) et l’obéissance au mari qui la contrôle (ou à son frère ou son père si elle n’est pas mariée). La femme ne peut être autonome, elle ne peut avoir de secret pour son mari (Sour. 4, verset 34). Le port obligatoire du hijab (voile) découle de cette logique d’enfermement et de maitrise de l’homme sur la femme : le hijab est une sorte de ‘maison portative’, un représentant du pouvoir masculin dans l’espace public. Aussi, l’éducation au port du hijab se fait très tôt. « Contrairement à ce que l’on dit, l’obligation de porter le voile vient également du Coran (Sour. 33 verset 59 et Sour. 24 verset 31). Pour l’islam politique radical, le port du voile est donc sacré et obligatoire ».

Les Juifs, principale obsession de l'islmam politique radical 

Summum de la violence contre les femmes : le corps à disposition, concept qui relève davantage du fantasme que de la religion. « La femme doit obéir sexuellement à l’homme, où il veut et quand il veut (Sour. 2, verset 223 : ‘Vos épouses sont pour vous un champ de labour, allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez’. Même les interdits du Coran (comme l’abstinence en cas de règles) sont transgressés par les islamistes au bénéfice du droit à la satisfaction des pulsions sexuelles masculines », affirme le Prof. Wahnich. L’islam autorisant la polygamie, les islamistes veulent remettre celle-ci à l’ordre du jour et la généraliser, car elle permet de mettre en concurrence les différentes femmes. Les femmes terrestres sont également en concurrence avec les houris du paradis, ces vierges célestes qui, d’après Ahmed Khadoura, érudit islamique de Gaza, n’auront « ni menstruation, ni salive, ni mucus ni excréments », et grâce auxquelles « Chaque homme recevra la force sexuelle de 100 hommes ». 

Enfin le pouvoir masculin s’impose par la violence physique : certaines vidéos de sociologues, d’imam etc. expliquent comment battre sa femme ‘légalement’, sans laisser de trace, mais en lui faisant sentir la domination de l’homme et la discipliner pour qu’elle obéisse aux lois du Coran. C’est donc un ‘droit divin’, soumis à des règles particulières.

Quant aux Juifs, ils constituent la « principale obsession de l’islam politique radical », explique le conférencier. « L’idée est d’arriver à leur élimination physique. Pour cela il est nécessaire de créer d’eux une image négative : Les Juifs sont donc présentés comme déshumanisés, et incarnant tous les maux : ils violent, mentent, volent, et dénaturent les sociétés dans lesquels ils vivent ». Mais la plus grande justification reste l’affirmation selon laquelle la religion juive respectée par le Coran a changé au Moyen-Age, avec le Talmud. Les Juifs ne sont donc même plus de vrais monothéistes. « Faire passer les Juifs pour des polythéistes permet juridiquement de les tuer. Si le judaïsme moderne n’est plus un vrai monothéisme, cela justifie tous les meurtres possible ».

«Les macaques noirs sont les Juifs séfarades et les macaques argent les Juifs ashkénazes» 

Selon le Prof. Wahnich, il existe bien un antisémitisme dans le Coran (Sour. 9 v. 67 ; 5, 59 ; 61, 5). Les Juifs y sont traités d’hypocrites parce qu’ils ne croient pas dans Allah (au même titre que les Chrétiens), et sont donc des pervers qui dévient du droit chemin. Cependant, le Coran ne contient pas d’idéologie éliminationiste par rapport aux Juifs. Il reconnait Abraham, Moise et de la loi juive. L’islam radical a donc besoin d’un recours aux mythes antisémites européens ancestraux, entre autres celui du meurtre rituel pour faire cuire les matsot. Le Coran, par contre, fait état de la transformation des Juifs en singe en se basant sur une transgression du shabbat inventée (Sour. 2 vers. 65). « Parce que, d’après le Coran, nous avons transgressé le shabbat, nous allons être transformés en singes abjects. Les singes et les porcs sont descendants des Juifs. Il s’agit d’un discours récurrent parmi les journalistes et les sachants musulmans radicaux, chez qui on retrouve même l’idée que les macaques noirs sont les Juifs séfarades et les macaques argent les Juifs ashkenazes. On est dans une espèce de délire. Cette déshumanisation autorise à tuer les Juifs et les éradiquer de la surface de la terre ».

Autre élément récurrent dans le discours de l’islam politique radical, l’utilisation de la Shoa et de ses négationnistes : « La négation de la Shoa permet non seulement de délégitimer Israël, mais surtout pour pouvoir la refaire sans retenue ».

« L’islam radical est donc d’abord une idéologie qui se veut une alternative à la mondialisation occidentale, avec un retour à un khalifat fantasmé », conclut le conférencier. « La crispation identitaire et religieuse apparait avec la modernité, comme ce fut le cas pour l’inquisition chrétienne au Moyen-âge. Une tension extraordinaire se crée ces dernières années à l’intérieur des sociétés musulmanes, entre traditionnalistes et modernistes. Elle a déjà causé des millions de morts, lors de la guerre civile en Syrie, ou encore en Iraq, en Iran ou en Egypte ».

Cette brillante conférence a été suivi d’une séance de questions-réponses, au cours de laquelle les auditeurs ont émis l’idée que ces analyses ne conviennent peut-être pas seulement à de l’islam radical, mais aussi à l’islam en lui-même. D’autres se sont interrogés sur les pays où il existe un islam plus modéré et même sur la place de la femme dans le judaïsme orthodoxe.

Voir la vidéo:

https://www.youtube.com/watch?v=epcQtMDnhbo

 

Photos: Captures d'écran pendant le webinaire.

 

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Comment Israël a renversé ses alliances au Proche-Orient par Emmanuel Navon de l’Université de Tel-Aviv

Suite aux récents accords signés par Israël avec les Emirats arabes unis et Bahrein, le Dr. Emmanuel Navon, politologue et expert en politique étrangère et relations internationales de l’Ecole des Sciences politiques de l’Université de Tel-Aviv a présenté une éclairante conférence par zoom sur le thème « La normalisation avec les pays du Golfe : ou la nouvelle périphérie d’Israël ». La conférence, qui s’est déroulée le lundi 12 octobre 2020, était organisée par l’Association francophone de l’Université de Tel-Aviv et sa directrice Agnès Goldman.

Navon coverEn amont de la conférence, le Prof. Ruth Stella Amossy, professeur émérite du Département de français de l’Université de Tel-Aviv et représentante de l’Association des amis français, a rappelé que l’université a poursuivi ses programmes d’enseignement en ligne depuis le début de la crise du covid-19, et mène d’incessantes recherches pour vaincre le virus, certaines commençant à porter leurs fruits. Elle annonce la reprise des activités de l’Association pour la nouvelle année universitaire 5781, en ligne en raison de l’épidémie.

Une stratégie initiée par David Ben Gourion

Après avoir souhaité la bienvenue aux participants de France, de Suisse et du Canada, Agnès Goldman cite les derniers classements de l’Université de Tel-Aviv, 1ère université d’Israël et parmi les 200 meilleures universités du monde, au 8e rang dans le monde pour le nombre de ses diplômés devenus entrepreneurs. Elle rappelle la nécessité de venir en aide à ses étudiants, particulièrement en cette période de pandémie : « Plus de 1000 étudiants ont perdu leur emploi en raison de la crise économique due au covid-19. L’Université a mis sur pied un fonds de soutien d’urgence international qui a déjà permis de financer 2000 étudiants. Nos étudiants sont l’avenir d’Israël, toute aide sera cruciale et je vous en remercie par avance ».

Le Prof. Amossy introduit ensuite le conférencier, enseignant à l’Université de Tel-Aviv et au Centre interdisciplinaire d’Herzliya, membre de l’Institut pour la Stratégie et la Sécurité de Jérusalem (JISS) et commentateur spécialiste des questions internationales sur la chaine télévisée I24 en anglais et français. Le Dr. Navon est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’Etoile et le sceptre : Histoire diplomatique d’Israël depuis l’Antiquité (2020), en cours de traduction en français, D’Israël avec espoir : pourquoi et comment Israël va continuer de prospérer (2010) et La victoire du sionisme (2014).

Navon stellaLa conférence, a annoncé le Dr. Navon replace les accords actuels avec les Etats du Golfe dans une perspective historique. Commentant son titre, il explique que la stratégie internationale de la « périphérie » d’Israël a été initiée par David Ben Gourion à partir de 1958 : « De 1948 à 1958, Israël avait connu une période de succès diplomatiques, réussissant à obtenir à la fois le soutien de l’URSS et des Etats-Unis. Staline souhaitait en effet se débarrasser de l’influence de la Grande-Bretagne au Proche-Orient et a donc voté en faveur du plan de partage de l’ONU ; quant aux Etats-Unis, il s’agissait surtout d’une position personnelle du Président Truman ». Mais ce double soutien a été de courte durée : après le retrait de la Grande-Bretagne de la région et la chute du roi Farouk en Egypte, qui amènera la prise du pouvoir par le Général Nasser, Staline adopte une politique de rapprochement avec les Etats arabes, qui sera poursuivie par l’URSS après sa mort (1953). De son côté, le Président Eisenhower, successeur de Truman, mène une politique presque anti-israélienne, pour ne pas éloigner les pays arabes des Etats-Unis. Seule la France, alors en pleine guerre d’Algérie, restera à ce moment-là l’amie d’Israël, et son seul fournisseur d’armes. C’est également la France qui a construit l’infrastructure de la centrale nucléaire de Dimona. Cette situation change avec le retour au pouvoir du Général de Gaulle en 1958, qui diminuera son soutien à Israël, le laissant alors totalement isolé.

Jouer la carte du monde arabe contre l'Iran et la Turquie

Un à un, les Etats arabes de la région rejoignent le bloc pro-soviétique, notamment avec la création de la République Arabe Unie en 1958 et la chute de la monarchie hachémite en Irak la même année. « C’est alors que, se fondant sur l’adage bien connu en sciences politiques : ‘les ennemis de mes ennemis sont mes amis’, Ben Gourion tente d’initier sa politique de périphérie avec les Etats non arabes de la région, Iran, Turquie, Ethiopie, et les minorités : Chrétiens du sud du Soudan, Maronites du Liban et Kurdes », explique le Dr. Navon. L’Iran, alors sous le régime du Shah, se sent en effet menacée par l’URSS à l’est et le nationalisme panarabe au sud ; de même pour la Turquie, alors également sous un régime occidentalisé et pour l’Ethiopie chrétienne d’Hailé Sélassié. En 1959, Israël créée même une agence d’information commune avec l’Iran et la Turquie nommée le Trident. Depuis l’ouverture du Détroit de Tyran après la campagne de Suez, les tankers iraniens acheminent du pétrole vers Israël, celui-ci fournissant de son côté des armes à l’Iran et à la Turquie contre le monde arabe qui lui est hostile.

Navon 1Vers le milieu des années 60, les Etats-Unis augmentent de nouveau leur aide à Israël, tandis que le système d’alliances établi par Ben Gourion commence peu à peu à s’effriter. Le régime d’Hailé Sélassié tombe en 1974, et l’Ethiopie passe sous influence soviétique. En 1979 a lieu la révolution islamique en Iran. Les relations entre l’Iran et Israël se maintiendront discrètement jusqu’en 1982, Israël continuant de vendre des armes à l’Iran, mais se dissoudront définitivement avec la guerre Iran-Irak en 1980, et la reprise du programme nucléaire iranien. La politique de l’Iran par rapport à Israël devient de plus en plus agressive. Les milices shiites se répandent à travers le monde. En 1994, a lieu l’attentat meurtrier du Hezbollah contre le centre culturel juif de Buenos Aires. Enfin, en 2002, l’élection d’Erdogan et du parti islamiste en Turquie met définitivement un terme à cette première périphérie : « La Turquie soutient ouvertement le Hamas, et sa politique étrangère devient de plus en plus extrémiste ces dernières années », commente le Dr. Navon. « C’est aujourd’hui un pays dangereux pour Israël au même titre que l’Iran ».

Désengagement des Etats-Unis et baisse des prix du pétrole

Ainsi Israël s’est-elle trouvée obligée de renverser sa ‘stratégie de périphérie’ en la redirigeant justement vers le monde arabe, contre la Turquie et l’Iran. Ce renversement est facilité par l’implosion du monde arabe, en déclin depuis plusieurs décennies, qui culmine avec le Printemps arabe de 2011. Les Etats arabes, créés artificiellement sur les restes de l’empire ottoman, ne résistent pas aux mouvements populaires qui éclatent à partir de décembre 2010. La Syrie bascule dans la guerre civile, la charia est instaurée en Lybie, l’Etat islamique s’installe en Irak. En Egypte, les Frères musulmans, responsables de l’assassinat de Sadate en 1981, gagnent les élections de 2011. Les relations avec Israël ne seront rétablies que lorsque l’armée prend le dessus en 2013.

Selon le Dr. Navon, la politique de désengagement américaine au Proche-Orient joue également en faveur du nouveau système d’alliance d’Israël : « Avec Obama, l’Arabie Saoudite et les pays arabes prennent peur. Devenus indépendants sur le plan énergétique, les Etats-Unis, aujourd’hui premier producteur de pétrole au monde, n’ont plus besoin de la région. Le seul allié des pays arabes devient dès lors la plus grande puissance de la région : Israël, avec lequel ils ont un ennemi commun : l’Iran ».

Un autre élément contribue à affaiblir le monde arabe : la baisse des prix du pétrole : « Toute l’économie des pays arabes repose sur la vente du pétrole. Or nous approchons de l’ère post-pétrolière et la baisse du prix du baril devient structurelle. Le déficit budgétaire de l’Arabie saoudite s’élève à 15% de son PIB, le covid-19 ne faisant qu’empirer la situation. Et c’est la même chose pour les pays du Golfe », relève le conférencier. « Dès lors il était devenu impératif pour ces pays de se diversifier sur le plan technologique, et qui dit innovation technologique dans la région dit rapprochement avec Israël. Les accords, concernent pour le moment les Emirats Arabes Unis et Bahrein, mais l’Arabie Saoudite est susceptible de rejoindre ce processus ».

La paix des peuples

Comme l’explique le Dr. Navon, d’autres pays se joignent à cette nouvelle périphérie d’Israël. Dans le Caucase, l’Azerbaïdjan, pays musulman laïc, menacé par l’Iran, se tourne vers Israël, qui de son côté lui vend des armes aux dépens des Arméniens. Autre exemple, la Grèce, plaque tournante de l’OLP en Europe dans les années 80, est à présent en proche partenariat avec Israël pour l’exploitation de ses réserves de gaz naturel.

« Le retrait progressif des Etats-Unis, les questions énergétiques et la crainte de l’Iran ont donc poussé les Etats arabes vers Israël. Ils ne veulent plus attendre les accords avec les Palestiniens et le disent ouvertement », conclut le conférencier. « La stratégie de périphérie d’Israël initiée par Ben Gourion a donc perduré, mais s’est inversée. Israël doit ce succès à sa puissance militaire, économique, énergétique, de même qu’à ses relations privilégiées avec les Etats-Unis. En relations internationales, il n’y a pas d’amis ou d’ennemis, seulement des intérêts. Ce sont eux qui expliquent le renversement de cette périphérie ».

A un participant dans le public lui demandant si les récents accords correspondent véritablement à une paix entre les peuples ou seulement entre les chefs d’Etat, le Dr. Navon répond : « A l’époque les traités de paix avec l’Egypte et la Jordanie étaient effectivement le fruit d’une realpolitik mais ne correspondait pas à une paix entre les peuples. Cette fois-ci les choses sont différentes. On voit se multiplier les projets économiques communs, et l’approche sur les réseaux sociaux est très favorable. Ceci s’explique par le fait que nous n’avons jamais eu de guerre avec les Etats du Golfe ».

 

Photos: 

1. De gauche à droite: Agnès Goldman, le Prof. Ruth Amossy, le Dr. Emmanuel Navon.

2. Le Prof. Ruth Amossy

3. Le Dr. Emmanuel Navon

(Captures d'écran pendant la conférence)

 

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