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Le rythme de la mort pendant l'Holocauste a été bien pire qu'on ne le pensait, d'après une étude de l'Université de Tel-Aviv

Selon une étude réalisée par le Prof. Lewi Stone, spécialiste de biomathématique de la Faculté des sciences de la vie de l'Université de Tel-Aviv, près d’un quart des Juifs massacrés pendant l’Holocauste l'ont été au cours d’une période de cent jours en 1942. D'après l'étude, qui avait pour but de mesurer les taux de meurtres systémiques par les nazis et d'examiner la logistique qui les a rendus possibles, le rythme d'extermination était alors de 15 000 personnes par jour, atteignant un total de 1,47 million de victimes pendant les trois mois probablement les plus meurtriers de l'histoire humaine.

ShoahL’étude, intitulée : "Quantifier l’Holocauste: les taux de meurtre hyper-intenses pendant le génocide nazi", a été publiée la semaine dernière dans la revue scientifique Science Advances.

L'étude du Prof. Stone se base sur les registres des "convois spéciaux" établis par les travaux du Dr. Yitzhak Arad, professeur d'histoire émérite de l'Université de Tel-Aviv et ancien directeur du Yad Vashem, lors de la campagne d'extermination systématique menée par les nazis en Pologne sous le nom d’opération Reinhardt, au cours de laquelle plus de deux millions de Juifs ont péri dans les chambres à gaz des camps de Treblinka, Belzec, Sobibor et Auschwitz (qui était aussi utilisé comme camp de travaux forcés). Au total, quelque 480 convois de déportation à partir de 393 villes polonaises.

"Une phase de meurtre hyper-intense de trois mois"

Ses recherches ont révélé une "phase de meurtre hyper-intense de trois mois", allant d’août à octobre 1942, mettant en lumière l'objectif clair des nazis "d'éradiquer purement et simplement le peuple juif de Pologne dans un laps de temps aussi court que possible, la plus grande partie en trois mois". "La cadence de mise à mort pendant l'Holocauste est environ 10 fois plus élevé que celle généralement suggérée par les spécialistes des études comparatives sur les génocides", peut-on lire dans l'étude. À l'apogée du système, les nazis ont assassiné environ 15 000 Juifs par jour dans les camps de la Pologne occupée par les Allemands. Selon l'étude, sur les 1,7 million de personnes tuées entre 1942 et 1943, environ 1,32 million l'ont été sur une période de 100 jours entre août et octobre 1942, ces trois mois regroupant plus du quart du nombre total de personnes que l'on sait avoir été tuées dans l'Holocauste.

"Le fait que le massacre soit advenu sur une période si courte et par la ruse permettait de ne laisser aucune chance aux Juifs et rendait la formation d'une résistance organisée extrêmement difficile ", a déclaré le Prof. Stone. "Sauf quelques rares exceptions, les victimes transportées vers les camps de la mort étaient assassinées dès leur arrivée dans les chambres à gaz, donnant ainsi au système sans faille des nazis toutes les caractéristiques d'une chaîne de montage automatisée".

"Une sous-estimation du taux d'assassinat depuis des décennies"

"À ma grande surprise, les historiens ont jusqu'à présent complètement évité les approches quantitatives de cette période. Mais les graphiques montrent d'une manière évidente et effrayante la soif de sang du programme nazi visant à effacer le peuple juif de Pologne le plus rapidement possible ".

Lewi StoneSelon le Prof. Stone, ce rythme de génocide ne s'est ralenti que lorsque les victimes sont devenues rares et difficiles à rassembler. "La chute rapide de la cadence de mise à mort en novembre et décembre 1942 reflète simplement le fait qu'il restait très peu de Juifs vivants", explique-t-il. "Ceci met en lumière la frénésie meurtrière planifiée par les nazis dans le cadre de la solution finale de la question juive, ainsi que leur capacité et leur empressement à les mener à bien".

Selon cette étude choquante, cette période de trois mois de l'année 1942 présente un taux d'assassinat beaucoup plus élevé que le génocide rwandais de 1994, considéré comme la campagne de massacres la plus rapide du XXe siècle, avec environ 800 000 personnes tuées en 100 jours.

"Les historiens, les spécialistes des sciences sociales, les décideurs politiques et les journalistes se sont toujours appuyés sur des évaluations inexactes qui sous-estimaient grandement le taux de victimes de l'Holocauste au cours de l'opération Reinhard", écrit le Prof. Stone, qui enseigne également à l'Institut Royal de Technologie de Melbourne (RMIT) en Australie.

"Ces sous-estimations se sont répétées pendant près des décennies sans critiques sérieuses, schéma qui a véritablement réécrit l’histoire de l’Holocauste d’une manière qui diminue son statut historique et le rétrécissement de l’échelle de la vie humaine qui le sous-tend".

"L’Holocauste est une démonstration sans précédent de la manière dont un appareil d'Etat efficace a été utilisé contre la population", conclut le Prof. Stone. "Il a atteint des sommets dans son impitoyable efficacité systémique. C’est à mon avis la leçon clé à tirer de l’Holocauste, et qui ne doit pas être oubliée ".

Les Mémoires au carrefour des genres et des cultures: séminaire franco-israélien à l'Université de Tel-Aviv

Dans le cadre de la Saison croisée 2018, le Forum de Culture française de l'Université de Tel-Aviv, en partenariat avec l'Institut français d'Israël, a organisé un séminaire sur le thème des Mémoires, qui s'est tenu le mardi 20 novembre, avec la participation du Prof. Jean-Raymond Fanlo de l'Université d'Aix-Marseille, du Dr. Mathilde Bernard de l'Université Paris-Nanterre, et du Dr. Oded Rabinovtich du Département d'histoire de l'UTA.

Memoires 1La séance a été présentée par le Prof. Nadine Kuperty-Tsur, Directrice du Programme de culture française de l'UTA, et introduite par Serge Borg, attaché de coopération éducative et linguistique à l'Institut français et professeur au Département de Français langue étrangère de l'Université de Franche-Comté à Besançon.

Introduisant les interventions, Serge Borg insiste sur la dimension transdisciplinaire des études sur les Mémoires, au carrefour de la littérature et de l'histoire et au croisement du public et du privé, qui intéressent à la fois les historiens et les littéraires, mais aussi les sociologues et les anthropologues. Textes captivants au carrefour entre l'individu et l'histoire, les Mémoires se présentent comme une écriture de soi rétrospective qui constitue un témoignage de son temps. Expression du devoir de mémoire, ils sont aussi une "courroie de transmission pour éviter les amnésies accommodantes".

L'émergence du 'je"

Spécialiste du la littérature du 16e siècle, le Prof. Nadine Kupety-Tsur rappelle que les premiers Mémoires publiés sous ce titre sont ceux de Philippe de Commynes, conseiller des rois Louis XI et Charles VIII: "...et la pratique ne s'est pas désavouée jusqu'à nos jours. Mode d'écriture typiquement français sous l'Ancien Régime, c'est aussi un genre essentiellement masculin, avec des exceptions célèbres comme les mémoires de Marguerite de Valois qui assiste à la Saint Barthélémy, ceux de Marie de Nemours ou de la grande Mademoiselle. Le XIXe siècle a vu naitre une vaste entreprise d'édition de ses manuscrits qui constituent un panorama extensif de l'Ancien Régime". Longtemps dévalorisés par les historiens parce que le moi tente de s'y mettre en valeur, ils sont un objet d'intérêt depuis les années 90 comme sources inépuisables d'informations qui replacent le lecteur au cœur même de la vie de l'époque.

Memoires 2L'intervention du Prof. Jean-Raymond Fanlo met l'accent sur le rapport entre l'individu et l'histoire qui se négocie à travers l'écriture de ces textes. " Un mémoire est tout d'abord un document, un texte qui se veut purement informatif. La pratique des Mémoires se répand dans la seconde partie du 16e siècle. La préoccupation d'informer factuellement devient alors de plus en plus fréquente, mais avec elle également le souci du témoignage, de l'expérience, du vécu. C'est le début de l'autonomie de la personne, de l'émergence du sujet, du "je", de l'apparition du moi, alors diabolisée. Spécialiste d'Agrippa d'Aubigné, poète protestant de la deuxième moitié du 16e siècle, dont on possède les manuscrits, il prend l'exemple des Mémoires de celui-ci: "Méditation religieuse, obsession de soi qui ne peut se réaliser pleinement dans aucun texte. Le "je" prend une importance nouvelle sans jamais vraiment pouvoir se réaliser". Selon le Prof. Fanlo, cette émergence de la subjectivité, combinée à une écriture sèche, simple et décapée, adaptée à la description factuelle, fait des Mémoires du 16e siècle le lieu de l'apparition de la modernité.

Au confluent entre l'individu et l'histoire

Le Dr. Mathilde Bernard présente les Mémoires-journaux de Pierre de l'Estoile aristocrate de l'époque d'Henri III et d'Henri IV, auteur d'un journal utilisé comme une source unique pour l'étude des guerres de religions. "Obsessionnel du témoignage, il consacre autant d'importance à la petite histoire qu'à la grande, et aime par exemple les anecdotes prouvant qu'il ne suffit pas de prétendre d'être un bon catholique pour l'être vraiment". Oscillant entre les genres, "le "je" réceptacle des informations devient peu à peu l'objet-même de son écriture. L'universel se retrouve dans le particulier".

Le Dr. Oded Rabinovitch, historien spécialiste de la sociologie de la littérature et ancien étudiant du Département de français de l'UTA, a étudié le cas particulier des Mémoires et archives de Charles Perrault, documents polémiques à usage de justification. "Le nom de Perrault est connu principalement grâce aux Contes de ma mère l'Oye écrits par Charles", explique-t-il. "Mais toute la famille Perrault était présente sur la scène historique de l'époque, et constamment en but à des attaques personnelles. Homme de son siècle, toujours soucieux de sa carrière et de la réputation familiale, Charles Perrault écrits ses mémoires peu avant sa mort comme une entreprise de justification à l'usage de ses héritiers en vue de conflits potentiels".

Au cours du débat qui suivit, les intervenants ont insisté sur les points communs de ces Mémoires, malgré leur diversité générique: actes testamentaires rétrospectifs, ils constituent généralement une récapitulation de la vie de leurs auteurs avant leur mort. Méditation sur soi-même, ils se caractérisent par un rôle déterminant du subjectif et de l'émotion. Documents de caractère informel, à but informatif, ils présentent cependant une forte dimension polémique. Reflets de l'Histoire, ils se réclament pourtant généralement du privé, et ne sont souvent même pas destinés à la publication, mais à la transmission familiale, bien qu'ils aient pris une fonction d'auto-défense et de justification avec les guerres de religions. Il s'agit de textes intéressants et complexes, à travers lesquels on peut voir comment se négocie l'émergence du "je", et où les auteurs tentent de s'affranchir de l'histoire tout en s'inscrivant dedans.

Les combattants juifs de la seconde guerre mondiale – colloque à l’Université de Tel-Aviv

Le Centre Goldstein-Goren de recherche sur la Diaspora de l’Université de Tel-Aviv, sous la direction du Prof. Simha Goldin, a présenté ce jeudi 20 avril, les travaux en cours d’un important projet d'études sur le 1,5 million de soldats juifs ayant combattu contre les nazis pendant la seconde guerre mondiale, lors d’un colloque qui s’est déroulé sur le campus dans l’auditorium du Centre Cymbalista de l’héritage juif. Le projet, soutenu en partie par l’Association des Amis français de l’Université, a pour but d’éclairer cet aspect jusque-là quasi-inconnu de la seconde guerre mondiale, et de mieux comprendre la vie et le rôle de ces soldats dans les différentes armées pour lesquelles ils combattaient, ainsi que les problématiques auxquelles ils se trouvaient confrontés.

Jewsinthe war« Contrairement à la première guerre mondiale, où les Juifs ont combattu essentiellement pour les  pays dont ils étaient citoyens, durant la deuxième ils avaient la conscience de se battre pour la sauvegarde du peuple juif, et pour prouver aux autres que les Juifs étaient capables de combattre » a déclaré le Prof. Simha Goldin, directeur du Centre Goldstein-Goren, relevant l’importance de ce projet qui porte à la conscience du public un aspect du conflit resté dans l’ombre : « Lorsqu’on parle de la seconde guerre mondiale, on évoque à juste titre les victimes de la Shoah. Mais plus de 1,5 million de Juifs ont pris part à la lutte contre les Nazis dans des unités combattantes des armées alliées ».

Les soldats juifs dans les armées française, britannique et américaine

Galit22.4.17La première session du colloque a été consacrée aux soldats juifs dans les armées française, britannique et américaine. La recherche de Galit Haddad (UTA) porte sur l’expérience des prisonniers de guerre français d’origine juive dans les camps allemands (1940-1945). Environ 86 000 soldats de confession juive ont combattu sous le drapeau français au début de la guerre. Suite à la défaite de juin 40, entre 10 000 et 15 000 se sont retrouvés prisonniers. Grâce à la convention de Genève de 1929 relative aux prisonniers de guerre, ils ont pu échapper au destin tragique des juifs de France sous le régime de Vichy. Comment leur identité juive a-t-elle pu s’exprimer pendant leur captivité ? Se différenciaient-ils des prisonniers non-juifs des camps ? Comment ces derniers les considéraient-ils ? Selon la chercheuse, malgré la relative égalité entre les prisonniers créée par la captivité, les Juifs, « qui avaient eu l’habitude pendant des années de se considérer comme faisant partie de la communauté française ont soudain redécouvert leur identité ‘israélite’ ». 

francoiseOuzan22.4.17Françoise Ouzan (UTA) s’attache à la rencontre chargée de sens des soldats juifs américains avec les Juifs locaux pendant le débarquement en Afrique du Nord : « Parmi les 16 millions d'Américains ayant servi pendant la Deuxième Guerre mondiale,  plus d'un demi million étaient juifs. Motivés par le patriotisme et une féroce détermination à combattre les nazis et leurs alliés, ils ont servi dans toutes les unités de l'armée américaine » explique la chercheuse, qui analyse les modalités et la spécificité des  interactions qui ont suivi le débarquement allié au cours de l'opération Torch (8 novembre 1942), en particulier dans la ville d'Oran en Algérie. Pour cette recherche, elle a consulté de nombreux fonds d'archives aux États-Unis et en France et conduit des entretiens du côté américain et de celui des Juifs d'Algérie, à une période cruciale de leur histoire.  

Maya22.4.17Maya Guez (TAU), quant a elle, se concentre sur les soldats de l’armée britannique : « On a beaucoup écrit sur les actions des volontaires de la communauté juive de Palestine dans la Brigade juive sous les auspices du gouvernement britannique. Mais  ils ne représentaient que 5000 personnes sur un total de 62 000 juifs venus de toute l'Europe et de la Palestine mandataire qui ont rejoint l'armée anglaise pour combattre l'ennemi nazi. Nombre d’entre eux n’avaient pas la nationalité britannique. Pourtant, ils se sont battus courageusement dans le cadre d'une armée avec laquelle ils n'avaient à priori aucun lien. Se considéraient-ils comme des patriotes juifs ou britanniques ? Par quels moyens exprimaient-ils leur judéité dans le cadre de l'armée anglaise? La chercheuse a présenté les cas particuliers de soldats d’origines différentes ayant combattu dans les rangs de l’armée britannique, dont Haïm Herzog, père du député Itzhak Herzog, citoyen britannique, Stef Werteimer, originaire d’une famille allemande ayant émigré vers la Palestine et Romain Gary, né en Pologne mais citoyen français depuis l’âge de 14 ans.

Deux Musées des combattants juifs

La deuxième session portait sur les musées destinés à pérenniser la mémoire de ces combattants. Le Musée des combattants juifs de la seconde guerre mondiale de Latroun, ouvert au public en 2014, a été présenté par son fondateur et directeur Zvi Kantor. « Pendant la seconde guerre mondiale, alors que le monde se battait pour sa liberté, des territoires, une idéologie ou des frontières, le peuple juif a combattu pour sa survie. Toute personne qui se rend au Yad Vashem devrait compléter sa visite par celle du musée de Latroun » a-t-il déclaré, précisant que l’armée israélienne a été créée grâce à l’expérience acquise par les soldats juifs qui ont combattu dans les armées alliées.

Gregory Reikhman a présenté le Musée de l’énergie du courage, situé à Hedera, créé il y a 22 ans et consacré aux 500 000 combattants juifs de l’armée soviétique. La troisième session toute entière a été consacrée à ces derniers, avec la participation d’Evgeny Krinko (Académie russe des sciences), intervenant sur « l’historiographie moderne soviétique et russe sur la participation des soldats juifs à la seconde guerre mondiale », et  Arkadi Zeltser (Yad Vashem) sur le thème « Soldats juifs et conscience ethnique dans l’Armée rouge ». Leonid Smilovitsky (TAU), se consacre quant à lui à l’étude de la correspondance des soldats juifs avec leur famille ainsi qu’à celle des journaux intimes des combattants comme source historique.

Les chercheurs poursuivront leur recherche cette année, en les élargissant si possible aux juifs dans les armées d'Europe centrale, en Pologne et en Hongrie. 

 

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Honorer les héros juifs – "Les Combattants juifs de la Seconde guerre mondiale" à l'Université de Tel-Aviv

La véritable histoire de Hanoucca, d’après le Département d’Archéologie de l’Université de Tel-Aviv

Intrigues, corruption et rébellion populaire, quels sont les véritables dessous de la Fête  des Lumières ? Sans déflorer le récit que nous aimons tous, voici quelques mises au point historiques du Département d'Archéologie et des anciennes Cultures orientales de l'Université de Tel-Aviv, à la veille de l’allumage des dernières bougies de Hanoucca.

macabi 580 0«Tout a commencé vers 160 avant notre ère», raconte Naama Walzer, qui rédige son mémoire de maitrise sur l’âge du bronze dans la Shfelah sous la direction du Prof. Israël Finkelstein. «Lors de la montée au pouvoir d'Antiochos Epiphane, Jason, frère du Grand prêtre de Jérusalem, lui promet un pot-de-vin ainsi qu'une augmentation de la taxe annuelle payée par la Judée à l'Empire séleucide pour obtenir le poste convoité de son frère, qui comportait pouvoir et autorité ».

Les "anciens" contre les "modernes"

Jason devient donc Grand Prêtre et tente d'ouvrir Jérusalem au reste du monde grec. Les villes de la Méditerranée se caractérisaient alors par des relations basées sur le commerce, la culture, l'éducation et les divertissements. Dans tout le bassin de la Méditerranée orientale, les religions et les cultures antérieures à la conquête grecque continuent de coexister avec le nouveau monde culturel dominant. Jason pensait que le judaïsme devait suivre le même chemin. Aussi transforma-t-il Jérusalem en polis de type grec.

Mais ses tentatives d’hellénisation sont mal acceptées par les diverses factions de Judée. Cependant, il est supplanté à son tour par Ménélas, qui profite d’une mission auprès d’Antiochos pour se faire nommer à sa place. « Le gouvernement du petit royaume de Jérusalem continue d'être instable » explique Naama Walzer. « Son contrôle passe de mains en mains avec beaucoup d'interférences extérieures et une utilisation constante des trésors du Temple pour promouvoir les ambitions politiques ».

Antiochos, qui doit faire face à des problèmes constants pour protéger son empire, perd patience face au chaos régnant dans la petite ville de Jérusalem. Il y envoie les troupes grecques, pille le temple et institue de nouvelles lois qui rendent impossible la pratique du culte juif.

De la rébellion des Maccabées au royaume des Hasmonéens

L'invasion physique et culturelle du monde grec en Judée, avec notamment les jeux du gymnase (auxquels participaient les Juifs), avait provoqué de plus en plus de conflits entre les « modernes » qui étaient ouverts à la culture grecque et à l’adoption de comportements compatibles selon eux avec la torah, et les traditionnalistes qui voulaient préserver leurs coutumes et poursuivre le mode de vie de leurs ancêtres. Les lois d'Antiochos ajoutèrent de l'huile sur ce feu et provoquèrent l’explosion.

Hanoucca2La rébellion contre les lois séleucides ne vint pourtant pas de la capitale, mais de la campagne. Une famille juive, menée par Juda Macchabée, réussit à déjouer l'armée séleucide par une tactique de guérilla. Les troupes envoyées par Antiochos sont successivement battues. Juda Macchabée s’empare de Jérusalem, purifie le Temple et y restaure le culte juif. Après sa mort, la dynastie hasmonéenne continuera de régner dans la ville, non plus au moyen de Grands prêtres, comme ce fut le cas jusque-là, mais par des rois dans un royaume autonome détaché de la Grèce.

Comment les archéologues connaissent-ils les détails de cette histoire? «De manière intéressante, nos connaissances sur la rébellion n'ont pas été préservée dans des sources juives, mais à travers les livres des Maccabées et les lettres de Flavius Josèphe. Les livres des Maccabées n'ont pas été inclus dans le canon juif, mis en place au cours du premier siècle après JC. Il est possible que les sages juifs (Hazal), n’aient pas voulu conserver le souvenir de cette rébellion à cause d'un événement plus tardif, la révolte de Bar Kokhba, qui elle, fut réprimée par les Romains et provoqua la ruine de Jérusalem. Il est possible que Hazal, par leur décision, ai tenté d’empêcher une autre rébellion juive armée contre une présence étrangère en Israël ».

Corruption, conflits politiques internes et combat pour  de la liberté, tels sont donc les maitres mots derrière la fête des lumières et de la bravoure parvenue jusqu’à nous.

Un historien de l'Université de Tel-Aviv explore les Olympiades oubliées de 1936 à Barcelone

Le saviez-vous ?
6000 athlètes de 23 pays étaient inscrits aux Olympiades populaires programmées à Barcelone en 1936 par les autorités françaises, espagnoles et catalanes, pour contrer la "moquerie fasciste de l'idéal olympique" constituée par les Jeux Olympiques de Berlin sponsorisés par les nazis la même année. Alors que le monde a les yeux tournés vers Rio, le vice-président de l'Université de Tel-Aviv et historien, le Prof. Raanan Rein, se plonge dans ce chapitre peu connu de l'histoire des JO, qui fut ironiquement interrompu par le soulèvement militaire du général Franco, immergeant l'Espagne dans une guerre civile longue et sanglante.

JOBarcelone1La décision d'organiser des Olympiades populaires à Barcelone pour contrer les Jeux Olympiques de Berlin fut prise dès la victoire du Front populaire espagnol, le 18 février 1936. 4000 sportifs espagnols s'y inscrivirent, ainsi que 2000 athlètes d'autres pays comme les États-Unis, les Pays-Bas, la Belgique, la  Tchécoslovaquie etc., y compris une délégation de la Palestine juive. Ironie du sort, le 18 Juillet 1936, un jour avant la date fixée pour le début des Jeux, la rébellion nationaliste contre le gouvernement républicain espagnol éclata, et les Olympiades populaires de Barcelone n'eurent jamais lieu.

L'étude du Prof. Rein se concentre sur les 20 à 30 athlètes juifs venus de Palestine pour participer aux Jeux, et sur leur implication ultérieure dans la guerre civile espagnole. La délégation de Palestine comprenait une équipe de football prometteuse, dont la plupart des joueurs étaient membres des clubs hautement côtés Hapoel Tel-Aviv et Hapoel Haïfa.

Une fois la guerre civile éclatée, plusieurs athlètes de différents pays décidèrent de rester en Espagne pour défendre la République espagnole aux côtés des milices anti-fascistes. Après de longs débats, le chef de la délégation du club Hapoel, Israël Carmi, l'interdit à ses joueurs, et organisa leur voyage de retour vers la Palestine.

Certains des athlètes de la délégation, cependant, n'étaient pas membres de Hapoel. Selon le Prof. Rein, au moins trois, Imre Jacob, Chaim Elkon et Nachum (Arie) Weiss, qui appartenaient au Parti communiste de Palestine (PCP),  décidèrent de rester en Espagne et furent parmi les premiers volontaires internationaux à se battre pour la République espagnole. Tous trois ont trouvé la mort sur le champ de bataille.

Le Prof. Rein est détenteur de la chaire d'histoire de l'Amérique latine et de l'Espagne et directeur du Centre d'Etudes Internationales et interrégionales de l'Université de Tel-Aviv. 

Son étude est financée en partie par l'Institut israélien de Washington DC.

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